Iran : le rappeur Toomaj Salehi condamné à mort pour son soutien à des manifestations

Connu pour ses chansons critiques du pouvoir iranien, le rappeur Toomaj Salehi, arrêté en octobre 2022, libéré sous caution puis arrêté à nouveau quelques jours plus tard, a été condamné à mort "pour corruption sur Terre" par un tribunal révolutionnaire iranien. Ce rappeur populaire avait soutenu dans ses chansons et sur les réseaux sociaux le mouvement de contestation déclenché après la mort de Mahsa Amini.

Le célèbre rappeur iranien Toomaj Salehi a été condamné à mort par un tribunal iranien, ont rapporté mercredi 24 avril plusieurs médias locaux.

"La première section du tribunal révolutionnaire d'Ispahan (...) a condamné Toomaj Salehi à mort pour corruption sur Terre", a déclaré l'avocat du chanteur, Amir Raisian, cité par le journal réformateur Shargh.

Ce tribunal avait accusé Toomaj Salehi d'"incitation à la sédition, rassemblement, conspiration, propagande contre le système et appel aux émeutes", selon l'avocat.

Le jeune homme de 33 ans est devenu une figure de proue du mouvement de contestation ayant suivi la mort de Mahsa Amini en septembre 2022, avec ses chansons critiques du pouvoir iranien.

Il avait été arrêté en octobre 2022 puis condamné à six ans et trois mois de prison pour "corruption sur Terre". 

"Un symbole pour tout un pays"

Des artistes étrangers lui avaient alors apporté leur soutien, craignant qu'il ne soit condamné à mort.

Reçue par France 24 en 2023, l'autrice de BD et cinéaste Marjane Satrapi disait de lui que "Toomaj est le seul rappeur iranien qui parle des classes ouvrières et des défavorisés. Ses textes sont politiques et très beaux. C’est un poète dont les mots n’appellent pas à la violence mais ils appellent au réveil."

Pour l'autrice de "Persepolis", qui milite pour la libération du musicien, "il est devenu un symbole pour tout un pays. La libération de Toomaj voudrait dire la libération de la parole en Iran."

"Sévèrement torturé"

Libéré sous caution en novembre dernier, Toomaj Salehi avait été arrêté de nouveau moins de deux semaines après, alors qu'il venait de dénoncer ses conditions dans une vidéo.

En avril 2023, le Centre pour les droits humains en Iran (CHRI), basé à New York, avait tiré la sonnette d'alarme sur l'état de santé du rappeur iranien, qui avait besoin selon lui d'un traitement médical "d'urgence".

Le rappeur avait été "sévèrement torturé" les premiers jours suivant son arrestation : son œil gauche avait été sérieusement blessé par des coups à la tête et sa cheville droite avait été cassée, avait confié une source – non citée pour des questions de sécurité – au CHRI.

Avec AFP et France 24

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