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Le député national, Roger Abotome Bekabisya ne veut pas baisser les bras dans ce qui convient d'appeler Sokimogate. Après avoir adressé une question écrite pour avoir des éclaircissements auprès du ministre du portefeuille sur la cession d'actifs de la Sokimo à AJN Ressources, Roger Abotome attend de pieds fermes la réponse du ministre.

Mais déjà, dans une interview exclusive accordée à election -net.com/Afriquinfo.com, ce lundi 24 février, l'élu du peuple fustige le bradage du patrimoine de l'État sans le moindre soucis de ce que cela peut produire comme conséquence sur l'économie nationale.

Droit sur ses bottes, l'homme promet de livrer une guerre sans merci jusqu'à obtenir la cassure du deal entre les deux sociétés.

Ci-dessous l'intégralité de l'interview :

election-net.com/afriquinfo.com, (ENET/AI) Bonjour honorable Roger Abotome, vous êtes élu national du territoire de Watsa dans le Haut-Uele, peut-on savoir le pourquoi de votre question écrite au ministre du Portefeuille ?

Roger Abotome Bekabisya(RAB): D'abord, comme tous avons lu le communiqué de la Sokimo annonçant que la société cédait ses actifs à la société AJN Ressources, ça m'inquiète. Car nous ne connaissons pas les contours jusque-là de cette cession. C'est pourquoi nous avons écrit au ministre du Portefeuille, qu'il vienne nous répondre, comme ça nous aurons une très bonne information. Si ce qui se dit dans les réseaux sociaux et dans le communiqué, s'avère vrai, c'est inquiétant.

Comment on peut céder les parts d'une société pour aller élever 17 millions de dollars. C'est inacceptable, c'est ridicule. C'est ça le vrai problème.

ENET/AI: Pensez-vous que cette cession est-elle illégale ?

RAB/ Pour le moment, je m'abstiens de faire des déclarations, c'est la raison de ma lettre écrite, on veut connaître s'ils ont respecté les règles, les procédures, la passation des marchés, voilà le pourquoi de mes 4 questions. Mais je signale déjà honnêtement que c'est une situation déplorable et catastrophique si cela s'avérait vraie car la société AJN Ressources n'a jamais développé une mine. Et aujourd'hui, si vous demandez la valeur, rien que la valeur de la Sokimo et Kibali gold, c'est plus de 17 millions de dollars. Certes, la société Sokimo a des problèmes mais nous ne pouvons pas accepter que le patrimoine national soit bradé comme ça. C'est inacceptable, je ne suis pas le seul, les voix s'élèvent de partout pour dénoncer cette situation. Il ya des gens ici à Kinshasa qui pensent que cette situation concerne l'intérieur du pays et que personne ne peut en parler, non, ça ne va pas passer ainsi.

ENET/AI: Entant qu'élu du Haut-Uélé où oeuvre Sokimo, avez-vous été consulté par cette entreprise avant la cession de ses actifs à AJN Ressources ?

RAB: Quand le deal s'est passé, Sokimo ne nous a pas contacté. C'est par le réseau sociaux que j'ai été informé. Attendons la suite du ministre. Espérons que toutes les conditions ont été réunies pour ce deal.

Mais nous n'allons pas baisser les bras, c'est une histoire nationale. Le monde aujourd'hui se cache derrière l'or parcequ'il y a la turbulence économique, comme l'indique déjà les experts.

Ils parlent de lever les fonds, nous les congolais pouvons aussi le faire. On ne peut pas laisser les choses passer de la sorte, c'est inacceptable.

ENET/AI: Pourquoi vous inquitez-vous sur une entreprise que vous n'avez pas encore vu à l'œuvre ?

RAB: AJN Ressources, ce n'est pas question de le voir en œuvre mais il faut lire ce qu'ils ont déjà fait dans le monde, je ne crois pas à cette société. Ici le vrai problème c'est le deal qu'ils ont signé, on cède tout pour 17 millions de dollars, c'est un problème. Je ne compte pas aller plus loin ainsi que la population. Nous attendons la réponse du ministre du portefeuille.
Mon action n'est qu'un début, ça va continuer jusqu'à la fin. Ce, jusqu'à ce que l'on verra clair dans ce dossier.

ENET/AI: Et si le Ministre ne répondait pas à vos préoccupations?

RAB: À ce que je sache, cette histoire ne vient pas du Gouvernement parcequ'ils n'ont pas debattu celà au Conseil des Ministres. Mais si celà s'avérait que ça vient du Gouvernement, nous serons chaque jour dans la rue jusqu'à ce que le Gouvernement va retirer cette offre si elle vient réellement de lui. Mais pour le moment, nous ne voulons pas de procès d'intentions. C'est pourquoi nous avons posé les questions et nous attendons des réponses pour enfin réagir.

ENET/AI: Quel message à envoyer à vos électeurs ?

RAN: Aujourd'hui, personnellement et au nom de mes frères et sœurs, députés ainsi que la population congolaise, nous devons nous lever. J'en appelle à une très grande mobilisation contre la vente du patrimoine de l'État. Et je vous informe qu'il y aura des marches, il y aura une forte mobilisation pour que nous puissions comprendre réellement le contour de ce qui s'est passé. Des concessions cédées au Katanga pour des frais généraux, c'est anormal alors qu'à l'époque on disait que c'est la Gécamines qui contribuait à 60% à l'économie nationale et le pays n'a que cinq milliards et on souffre pour mobiliser 10 milliards de dollars. On ne doit pas continuer à brader le patrimoine de l'État sous prétexte que le pays bénéficie des taxes.

Les choses doivent changer et nous aurons à rendre compte aux générations futures. Et c'est aujourd'hui qu'il faut déjà préparé cet avenir.

Propos recueillis par Liévin LUZOLO.

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