Vaccin COVID-19: «Nous ne demandons pas la charité, mais l'équité » Kagame s'en prend aux pays riches

Paul Kagame , président du Rwanda. Photo de tiers

Paul Kagame accuse les pays les plus riches du monde de bloquer l'approvisionnement de plusieurs candidats vaccins. Pire encore, ''certains pays accumulent des vaccins et achètent plusieurs fois de doses, qu'ils n'en ont besoin'', dénonce le président Rwandais dans une tribune publiée dimanche 7 février sur le site d'information The Guardian.

« L’Afrique n’attend pas la charité. Nous avons tiré nos leçons du passé. Tout ce que nous demandons, c'est la transparence et l'équité dans l'accès aux vaccins, et non le protectionnisme en cours. » Souligne-t-il.

Pour le président rwandais, Il existe des signes inquiétants de nationalisme vaccinal en Europe et en Amérique du Nord.

''Les pressions exercées sur les dirigeants politiques pour qu'ils vaccinent tous leurs citoyens avant de partager des intrants avec d'autres sont compréhensibles. Mais forcer les pays sous-développés ou plus pauvres à attendre que tout le monde dans le nord ait été pris en charge est une vision à courte vue'' écrit-il.

Pour ce dernier, retarder l'accès aux vaccins pour les citoyens des pays pauvres est en fin de compte beaucoup plus coûteux car ''la pandémie fera rage et paralysera l'économie mondiale'' précise-t-il.

Qu'est-ce que le Covax ?

Par ailleurs, il fustige le programme COVAX, une initiative mondiale menée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et deux groupes de défense des vaccins. Elle travaille au développement, à l'achat et à la livraison de vaccins dans plus de 180 pays.

Pour Kagame, ce programme était censé assurer des doses jusqu'à 20% de la population africaine dès le début et en même temps que les pays plus riches du monde. Cependant, près de deux mois après l'administration des premiers vaccins, ''on ne sait toujours pas quand les pays africains pourront commencer à vacciner les personnes, bien que les premières doses puissent commencer à atteindre le continent plus tard que ce mois-ci'' déplore le président rwandais dans sa tribune. Avant de conclure : ''Garantir un accès équitable aux vaccins à l'échelle mondiale pendant une pandémie n'est pas seulement une question morale, mais un impératif économique pour protéger le bien-être des personnes partout dans le monde. Mais quand l'Afrique obtiendra-t-elle la protection dont elle a besoin ? Si toutes les vies sont égales, pourquoi l'accès aux vaccins n'est-il pas ?''

Pour rappel, Kigali attend la livraison d’un peu plus d’un million de doses du vaccin d’AstraZeneca suspendu en Afrique du Sud, d’ici fin février.

Nelly avec The Guardian