" Un procureur près d'une cour d'appel ne peut pas interpeller un Dircab du Président", (Juvénal Djende-Uniki)

La mise sous mandat d'arrêt provisoire suivie de la détention préventive de Vital Kamerhé directeur de cabinet du Président de la République Démocratique du Congo mercredi soir alimente le débat à travers le pays et suscite plusieurs questionnements dans les communs de mortel tout comme chez les pratiquants du droit.

Si nombreux pensent au début de l'avènement d'un Etat de droit tant souhaité par les citoyens congolais et prôné par le Président Félix Tshisekedi, d'autres s'interrogent par contre sur la procédure judiciaire ayant conduit à la détention provisoire de ce proche collaborateur du président de la République.

C'est le cas de l'avocat du bareau de Kindu et enseignant des droits à l'Université de Kindu, Juvénal DJENDE.

Dans une interview accordée à election-net.com, cet avocat reconnaît d'entrée de jeu "qu'il est du droit du procureur général qui a la plénitude de l'action publique d'inviter toute personne qu'il estime nécessaire d'apporter la lumière sur le dossier qu'il est en train d'instruire".

"Mais ce qu'on a pas compris, c'est le fait de transformer un renseignant en inculpé", a-t-il poursuivi.

Pour lui, cela est incompréhensif sur le plan de droit.

"(…) Je pense que sur le plan juridique, les choses ne pouvaient pas se passer comme telles. D'abord il était appelé comme un renseignant, c'est-à-dire un témoin. Appelé quelqu'un comme renseignant et qu'il se retrouve sous mandat d'arrêt provisoire en tant que renseignant, c'est là où ça ne marche pas", a-t-il ajouté.

Par ailleurs, il estime qu'il n'est revenait pas au procureur général près la cour d'appel de Matete d'interpeller le directeur de cabinet du président de la République qui a rang du Vice-premier ministre, faisant allusion à l'ordonnance du président de la République Félix Tshisekedi portant sur les équivalences des grades.

"(…) On a suivi il y a quelques mois, il y avait une ordonnance signée par le président de la République sur l'équivalence des grades. Vital Kamerhé en tant que Directeur de cabinet du président de la République, il a le grade de Vice-premier ministre. En tant que tel, il ne peut pas être jugé par le procureur général près la cour d'appel. Ce n'est pas à celui-là de l'interpeller. Donc s'il était venu c'était comme renseignant, on peut aller devant n'importe quelle juridiction, devant n'importe quel parquet pour renseigner. Mais pour être jugé, pour être interpellé, il ne revient pas à n'importe quel procureur d'interpeller n'importe quelle personne. C'est comme ça que je dis que je n'ai pas compris comment un procureur général près une cour d'appel interpeller un Directeur de Cabinet du président de la République", a-t-il renchérit.

Il pense que le procureur général près la cour d'appel de Matete aurait dû se limiter aux renseignements.

"Je pense qu'il aurait dû se limiter aux renseignements. Si à partir des renseignements obtenus, il a trouvé que Vital Kamerhe était complice ou co-auteur des infractions par lui déjà documentées, il ne pouvait que faire un rapport au procureur général près la cour de cassation qui pouvait alors interpeller Vital Kamerhé et l'entendre et décider de sa mise en détention préventive", a-t-il conclu.

Kilikumbi LUSUMBASUMBA Isaac