Scandale à l'EPST: Des élèves finalistes de Matadi passent en « catimini » les épreuves de l'examen d'Etat à Kinshasa

EP 1 Vuvu-Kieto un des centres de passation des Exetat à Matadi ©PFA

Des candidats finalistes du secondaire sont  détournés  du circuit de contrôle de l'inspection principale provinciale de l'Enseignement primaire, secondaire et technique (EPST) 1 pour une autre province éducationnelle . Le phénomène s'appelle « Aile Kin »

Cette mafia s'enracine de plus en plus  dans le secteur éducatif du chef-lieu de la province du Kongo Central. Ce, en dépit  des efforts des autorités locales et celles de l'enseignement primaire secondaire et technique à vouloir mettre fin à cette pratique. 

L'enquête réalisée par Election-net.com révèle que chaque année, quelques élèves finalistes du secondaire de la ville portuaire s'organisent en petits groupes sous la bénédiction de leurs autorités scolaires et, voire certains inspecteurs, pour passer les épreuves des examens d'Etat, précisément dans la ville province de Kinshasa. Ici, tout est dans un circuit informel, pas de trace du lieu de provenance. Ces élèves prennent d'office l'identité de l'école d'accueil en écartant celle du départ enregistrée ou non sur les fiches E01 lors de l'identification. 

« Aile Kin»: les écoles privées sur les bancs des accusés 

Un des candidats interrogé assure que la ville de Kinshasa garantit la réussite. Une hypothèse que soutient Samuel Kutuaya, promoteur du Complexe scolaire "Les Rachetés", une des écoles impliquée dans  ce scandale. En ce qui le concerne, il est  de connivence avec une école sœur à Kinshasa (Collège les Vainqueurs à Kimbanseke) pour accueillir ses  candidats qui n'ont plus le code  de son école lors de la publication des résultats .

«Matadi ezalaka bien te, 100% ezalaka rare. Yango wana tomataka na bango  Kinshasa pona basala 100%» ,traduisez [ Présenter les épreuves des examens d'Etat à Matadi n'est pas une bonne chose , nous allons avec ces enfants à Kinshasa pour obtenir les 100% ], soutient-il.

Faiblesse de l'Etat

Dans cette organisation mafieuse, des frais exorbitants allant jusqu'à 700 Milles Francs Congolais sont perçus auprès des élèves finalistes, pour assurer leur transport, logement, et d'autres dépenses liées à (cette) l'organisation. 

Des élèves finalistes ont été même abandonnés à Kinshasa puisque ayant consommé  tout leur  budget car le montant exigé n'a pas contenu toutes les dépenses et que les parents d'élèves n'ont pas suppléé.

Pour le promoteur du complexe scolaire Kuntuala qui organise aussi le phénomène aile Kin, son école n'est même pas  reconnue par l'État, c'est-à-dire à dire ne détenant ni Arrêté ou encore moins un bâtiment remplissant les normes pour l'enseignement. Il organise aussi de manière clandestine des cours pour les classes terminales.  

Si pour lui ses activités passent en discrétion totale, une autre source témoignage que la pratique fait aussi bonne mine dans d'autres écoles entre autres : Le Groupe Scolaire Horeb, Prof Daele et la Modernité.

L'IPP Kongo central 1 en colère, 

« Ces promoteurs qui ont envie de détruire les vies des enfants d'autrui doivent prendre conscience », martèle  Théophile Junior Kihasa, inspecteur principal provincial.

L'IPP fustige les mauvais arguments soutenus dans l'opinion selon lesquels, le taux de réussite aux examens d'État à Matadi  est faible par rapport à Kinshasa. Cependant, il invite les parents d'élèves à ne pas détruire la vie de leurs enfants par l'encouragement de ce qu'il qualifie de "poison retardé". 

"L'examen d'état ne signifie pas gagner sa vie", dit-il et d'ajouter que la ville de Matadi a réalisé de bons scores ces trois dernières années contrairement aux informations distillées dans l'opinion. Lors de ces épreuves préliminaires des examens d'État, des problèmes sérieux ont été révélés entre les villes de Matadi et Kinshasa, il y a toujours certains responsables qui favorisent cette situation, a-t-il précisé. 

« Vous aviez suivi avec moi comment nous continuions à combattre ce phénomène que nous avons trouvé et la fermeture de certaines écoles , la dénonciation des candidats absents. Je suis en train de regretter le fait que les parents  libèrent les enfants  pour aller présenter  les épreuves à Kinshasa. Est-ce qu'ils sont aveuglés par certaines personnes ? s'est-il interrogé avant d'indiquer que pour accepter un candidat, il doit payer son inscription moyennant la fiche d'inscription E01, en dehors de la capture pour l'enregistrement aux diplômes d'État . Si une école n'a pas de documents, assure l'IPP, les élèves sont réorientés vers une école qui a le droit de fonctionner.

Face à ces maux qui rongent le milieu de l'Epst, le ministre et d'autres autorités sectorielles doivent ouvrir l'œil pour démanteler ce réseau et prendre des décisions salvatrices à l'endroit de ces inciviques qui sapent l'image de l'Enseignement. 

Au Congo central 1, Plus de 26.146 candidats ont été inscrits cette année, mais seulement 24. 464 ont participé à la hors session dont 47 % de filles.

Lors d'un atelier avec les ministres provinciaux de l'Éducation à Kinshasa, la semaine dernière, le Secrétaire Général ad intérim à l’EPST, Christine Nepa-Nepa, avait invité tous les collaborateurs de l'EPST à faire face aux différents maux qui rongent le secteur et développer les stratégies pour trouver des solutions adaptées. Ce, afin de redresser le niveau et la qualité de l’Enseignement en RDC.

Patrick Félix ABELY 

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