RDC:"Les régimes se succèdent, mais la mauvaise gouvernance des finances publiques demeure et empire…"(ODEP)

Richard Ilunga, Directeur Général de l'Office National de l'Identification de la Population de la RDC dans une séance de travail avec la délégation de l'agence de lutte contre la corruption/ photo tiers

Dans son rapport du contrôle citoyen de l'exécution du budget global et des dépenses publiques pro-pauvres pour la période de 2017 - 2019, rendu public ce lundi 04 janvier, intitulé, "En République Démocratique du Congo : Les régimes se succèdent, mais la mauvaise gouvernance des finances publiques demeure et empire, au mépris de l'éradication de la pauvreté et de la lutte pour le développement et la transformation sociale", l'Observatoire des Dépenses Publiques (ODEP), a fait un profond diagnostic des finances publiques pendant la période susmentionnée.

Ainsi, l'ODEP note que "l'analyse du rapport d'exécution des budgets durant la période des exercices 2017 à 2019 met en avant des petits progrès réalisés par le gouvernement mais aussi les pratiques et disfonctionnement qu'il convient de prohiber ou de corriger".

À l'ODEP d'expliquer en outre qu'elle n'a pas voulu séparer la période de 2017 à 2018 de celle de 2019 dans la mesure où elle considère " qu'il y a continuité dans la gouvernance financière et économique dans le sens où il n'y a pas eu amélioration en 2019 au contraire la gouvernance est allée de mal en pis", peut-on lire dans ce rapport.

Selon cette organisation, les recettes mobilisées au cours de la période de 2017-2019 sont de CDF 18.660,5 milliards, comparées aux prévisions de CDF 23.946,6 milliards, il se dégage une moins value globale de CDF 5.286,0 milliards. Les dépenses exécutées au cours de la même période sont de CDF 19.340,1 milliards, comparées aux prévisions de CDF 23.946,6 milliards, il se dégage le crédit disponible de CDF 4.606,5 milliards.

Cependant, les consultants relèvent les faiblesses globales ci-après dans la gouvernance budgétaire : Le non-respect de la procédure chaînes des recettes et des dépenses ; Le dépassement des allocations budgétaires des institutions et ministères de souveraineté, au détriment des ministères à caractère social et économique ; Le volume trop élevé des régimes fiscaux spéciaux (exonérations, taux particuliers, exemptions, etc.) appliqués aux personnes physiques et morales ; ce qui influe négativement sur le niveau de mobilisation des recettes publiques ; Le déficit de suivi et de contrôle ; La disparité entre les données de la DGRC et les états de suivi budgétaire produits et publiés par le ministre du Budget, pour ne citer que ceux-là.

Parmi les recommandations suggérées, figurent notamment : - La poursuite et la sanction des personnes impliquées dans le non-respect des procédures;
-Pousser le gouvernement à entreprendre les actions urgentes liées à la mise en application de la loi organique de la cour des comptes notamment : La mise en place du conseil supérieur de la Cour des Comptes ; La mise en place des formations de la Cour des Comptes ; Mise en place effective du parquet financier attaché à la cour des comptes : nomination du président de la cour des comptes, des présidents des chambres, du procureur général, des premiers avocats généraux et des avocats généraux, du rapporteur général, du greffier en chef et des greffiers, du personnel administratif et technique.

Kilikumbi Lusumbasumba Isaac