RDC: Tshisekedi un an après, l'ACAJ préoccupée par l'opacité dans les secteurs des infrastructures et de transports.

Dans la deuxième partie de son rapport consacré sur bilan de l'an un du nouveau Président congolais axé sur le plan économique, L’ACAJ, Association Congolaise pour l'Accès à la Justice « note la détérioration continue et préoccupante des conditions de vie des Congolais. Ce, malgré toutes les promesses enregistrées».

Dans son rapport transmis à election-net.com, l'ONG pense que cette situation est consécutive à «l’absence de volonté politique affirmée dans la lutte contre la corruption et toutes les autres formes de
prévarication».

Pour illustrer son argumentation, l'ONG revient sur «le feuilleton non encore élucidé sur le détournement présumé de $15.000.00019 au détriment du Trésor public et les présomptions sur le blanchiment d’Euros 200.000.000 de la GECAMINES».

Pour Georges Kapiamba, Président de l'ACAJ «l'amélioration du panier de la ménagère constitue jusque-là un slogan creux dans la mesure où l’accès aux biens de consommation de première nécessité est toujours tributaire de réseaux maffieux mis en place par des commerçants expatriés véreux ce, avec la complicité et/ou le soutien actif de plusieurs responsables politiques, civils et militaires».

Citant un rapport de l'audit des prix et du commerce triangulaire réalisé par la société MENAA Finance pour le compte du Ministère de l’Economie et Commerce de la République Démocratique du Congo, l'ONG de défense des droits de l'homme relève que le «renchérissement des prix des denrées de première nécessité est encouragé et entretenu par le commerce triangulaire qui permet aux exportateurs étrangers de contrôler l’ensemble de la chaine de consommation».

«Démarré en octobre 2012 à Kinshasa puis Matadi et poursuivi dans plusieurs pays d’origine ou de facturation des denrées alimentaires dites « de première nécessité », ladite enquête a par ailleurs conduit à de très nombreux entretiens avec l’ensemble des acteurs de la chaine du distributeur kinois aux fournisseurs des sociétés de négoce international basées à Beyrouth ou Monaco ou aux sociétés de pêche namibienne, en passant par les administrations congolaises gérant les processus commerciaux d’importations et d’exportations.

Plus de six (6) ans après, il est symptomatique de constater que ce rapport n’ait pas conduit le gouvernement à initier des mesures correctives y recommandées. S’agit-il d’un oubli ou d’une omission complice ?», s'interroge le rapport d'une quinzaine de pages envoyé à election-net.com.

«La construction et/ou la réhabilitation des infrastructures de base relève des politiques publiques définies par le gouvernement. Il est cependant de
notoriété que les travaux d’infrastructures constituent un terreau fertile pour la
corruption et autres détournements des deniers publics. C’est pourquoi, face aux présomptions de détournements qui pèsent sur certains agents publics et sociétés retenues pour les travaux dits de 100 jours du Président de la République, l’ACAJ a, à plusieurs reprises et sans succès, recommandé au gouvernement de faire preuve de transparence sur tous les débours réalisés par le Trésor public relativement aux travaux d’infrastructures en cours de réalisation et ceux à venir. Et que les coupables éventuels devraient être mis à la disposition de la justice pour des sanctions exemplaires», souligne l'ONG.

«Il en est de même de tous les multiples projets d’acquisition de véhicules de transport de masse annoncés notamment par le Ministère des transports et voies de communication en faveur de la société publique TRANSCO.

Ce qui inquiète dans ce cas d’espèce c’est l’activisme affiché par les ministres des transports successifs. Chacun amène dans sa gibecière un fournisseur de bus.

Et pourtant, au-delà des écueils et de soupçon de corruption ayant entouré l’acquisition de bus sous l’ère MATATA PONYO, il est utile de relever que ledit charroi a contribué, tant soit peu, à l’amélioration des conditions de mobilité,particulièrement dans la ville-province de Kinshasa.

Sans étude technique pertinente qui démontrerait les faiblesses du charroi sus-évoqué ou encore l’incapacité du fabricant à fournir d’autres bus neufs, le Ministère des transports chercherait à commander ailleurs des bus autres que ceux actuellement opérationnels.

Contrairement à ce qui s’observe dans d’autres pays où les sociétés publiques de transport de masse sont identifiables à traversun charroi uniforme, la RD Congo fait exception en alignant un charroi de bus ondoyant», déplore le rapport.

L’ACAJ «en appelle au sens managérial du Premier Ministre pour ordonner l’acquisition de nouveaux bus auprès du fournisseur qui a déjà fait ses preuves,moyennant correction des clauses léonines du contrat signé antérieurement.

De la sorte, il sera possible de stopper un activisme dont les contours ne viseraient principalement que l’enrichissement illicite à travers des « rétrocommissions », fait savoir Georges Kapiamba.

José-Junior Owawa

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