RDC/tribalisme : "les messages diffusés peuvent entraîner jusqu’aux conflits armés", Nana Manwanina

Un des invités de marque à la première édition du Forum International des Femmes Africaines qui a débuté ce lundi 27 septembre à Kinshasa, la Ministre près le Président de la République Nana Manwanina Kiumba a déclaré ouvert les travaux de l’atelier sur les stratégies de lutte contre le discours de la haine en République Démocratique du Congo.

De prime à bord, la Ministre près le Président de la République a, dans son discours, tenu à féliciter et remercier les organisateurs de cet atelier pour leur stratégie de lutte contre les discours de la haine en RDC.

« La problématique n’est pas spécifique en République Démocratique du Congo. Comme un serpent de mer, le fléau de la haine a traversé l’histoire de l’humanité et des hommes. Il constitue un enjeu universel du vivre ensemble. Toutes les sociétés et pays du monde sont quotidiennement confrontés au phénomène de la haine. Les communautés congolaises que l’on désigne généralement sous le concept ethnique et tribal, sont, elles aussi, confrontées à la problématique de la haine dans un pays comme le nôtre qui compterait plus de 450 tribus dispersées dans une superficie à la dimension continentale », a-t-elle fait savoir.

Nana Manwanina s’est indignée du comportement des certaines personnalités politiques du pays, voir de la société civile, d’utiliser les discours de haine pour leurs intérêts pouvant entraîner des conséquences fâcheuses dans les communautés.

« La haine est parfois instrumentalisée par des acteurs politiques pour des fins électoralistes, mais également sur fond d’intérêts économiques… prenant la forme d’attaque tribaliste, sexiste, ces messages proviennent parfois des personnalités et militants des partis politiques, des leaders communautaires, des acteurs de la société civile et des membres de la diaspora. Les messages ainsi diffusés, peuvent entraîner jusqu’aux conflits armés », précise-t-elle.

Elle estime que « le choix porté par les organisateurs de cet atelier est sans doute aussi guidé par la résurgence ces dernières années des tensions à caractère tribal, des appels fréquents à la haine tribale dans les différents espaces publiques notamment les médias en général, les réseaux sociaux en particulier. L'internet, outil indéniable de la connaissance et des informations, est devenu malheureusement un canal de propagation de discours de la haine par des personnes malveillantes », Une pratique d’après Nana Manwanina, qui « aboutit à l’escalade de la mésentente et donc à la dégradation du sentiment du vouloir vivre ensemble et de la sécurité nationale tout court ».

« C’est pourquoi ces discours sont réprimés par des instruments juridiques nationaux et internationaux. Ils sont contraires aux principes du droit de l’homme notamment au pacte international relatif aux droits civils et politiques, constituant une menace réelle à la cohésion nationale, à la paix, à la sécurité durable et à la protection des populations », martèle la Ministre près le Président de la République.

Cette problématique selon elle, « interpelle le Gouvernement qui a pour mettre mot, construire un état fort, prospère et solide. »

« Nous espérons que cet atelier permettra de susciter un consensus sur les stratégies, les initiatives et les actions concrètes à prendre pour lutter efficacement contre l’émergence et la propagation de discours de haine et promouvoir la paix et le vivre ensemble. Cela résume d’ailleurs la vision du Chef de l’État sur l’unité nationale, la lutte contre la balkanisation, la nouvelle citoyenneté, la cohésion nationale et le changement de comportement », a-t-elle conclu.

Ouvert ce lundi 27 septembre 2021 pour se clôturer au 29 septembre 2021 à l’hôtel Venus à Kinshasa, les femmes de différentes communautés et nations d’Afrique, discuteront autour du thème général sur « le leadership et la participation des femmes aux postes de prise de décision pour le développement socio-économique de l’Afrique».

Theo Liko

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