RDC/Tokyo 2021 : le parcours olympique d’un athlète congolais réfugié au Brésil

Popole Misenga représentera cet été les réfugiés aux jeux olympiques à Tokyo . Ph. Tiers

Judoka congolais, Popole Misenga représentera cet été les réfugiés sur la plus grande scène sportive au monde, une nouvelle fois.

Membre de la toute première Équipe Olympique des Réfugiés du CIO à Rio 2016, Misenga y atteint les huitièmes de finale chez les -90kg en judo, lors desquels il ne s’incline que face à Gwak Dong-han, champion du monde et futur médaillé de bronze olympique.

Les fans de Rio, sa ville d’adoption, où il s’entraîne depuis sa demande d’asile en 2013, l’adoptent immédiatement, le supportant et scandant “Po-po-le ! Po-po-le !” durant chacun de ses combats à la Carioca Arena.

“Je suis juste heureux d’être ici”, raconte Misenga, âgé de 24 ans à l’époque, bien conscient du dur chemin qu’il a accompli pour arriver jusqu’à Rio.

Popole Misenga est né le 25 février 1992 à Bukavu – l’une des zones les plus durement touchées pendant la guerre civile de la République démocratique du Congo de 1998 à 2002. Misenga a eu une enfance normale, jusqu’au jour où sa mère a été assassinée en 2001 pendant la guerre alors qu’il n’avait que neuf ans. C’est alors que la vie cauchemardesque a commencé pour lui.

“Quand vous êtes un enfant, vous avez besoin d’avoir une famille qui vous conseille sur ce que vous devez faire, mais je n’en avais pas. Le judo m’a aidé en m’apportant de la sérénité, de la discipline, le sens de l’engagement: tout”, déclare-t-il.

Mais le jeune et talentueux judoka endure de nombreuses persécutions et subit de lourdes punitions.

Craignant pour sa vie, Misenga décide de demander l’asile et d’avoir la possibilité d’une meilleure vie à Rio de Janeiro, au Brésil, là où il prend part aux Championnats du Monde de Judo en 2013.

Malgré des débuts difficiles, les choses tournent subitement en sa faveur. Misenga obtient ainsi l’asile en 2014 et peut se reconcentrer sur ce qu’il aime faire: du judo.

Aujourd’hui âgé de 28 ans, Misenga s’entraîne ardemment pour la compétition qui débutera le 23 juillet 2021 à Tokyo

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Le 8 juin 2021, le CIO dévoilait sa sélection finale des athlètes qui représenteront l’équipe olympique des réfugiés aux Jeux de Tokyo. Pour la deuxième fois de l’histoire olympique, cette délégation apatride tentera de décrocher une médaille dans 12 disciplines sportives, dont le karaté, le judo, le cyclisme et l’athlétisme.

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