RDC : "Pour se réconcilier de façon durable, il faut une justice qui s’applique à tous", (Noël Tshiani)

L'économiste international, Noël Tshiani. Ph ENET/Liévin LUZ

Ancien candidat Président de la République Démocratique du Congo, RDC lors de la présidentielle de décembre 2018, Noël Tshiani Muadiamvita s'est confié à election-net.com ce lundi, 07 décembre dans la soirée pour donner sa lecture du discours prononcé par le chef de l'État congolais, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo 24 heures plutôt au sujet de la crise politique actuelle dans le pays.

Dans cette interview exclusive, le promoteur du plan Marshal pour le Développement de la République Démocratique du Congo a pris soin de donner ses analyses sur les six questions préparées par la rédaction dont voici l'intégralité.

Electionnet (Enet)/Quelle analyse faites vous en rapport avec la décision du Président de la République de nommer un informateur pour identifier la nouvelle majorité parlementaire ?

Noël Tshiani Muadiamvita (NTM) / La décision de nommer un informateur pour identifier la nouvelle majorité parlementaire est excellente. C’est un secret de polichinelles que la Coalition FCC - Cach ne marchait pas. Elle paralysait le pays et ne permettait pas de répondre aux défis du développement. En dissolvant cette coalition, il fallait désigner un informateur pour faire l’inventaire des députés et l’appartenance à l’union sacrée ou pas. Donc la désignation de l’informateur répond à cet objectif.

Enet/ Que signifie pour vous sa volonté de renforcer la lutte contre la corruption ?

NTM / L’idée de lutter contre la corruption est noble. Pour la concrétiser, il faut une volonté politique ferme telle que celle que manifestée par le Chef de l’Etat. Mais il faut l’adhésion populaire de lutte contre cette anti valeur et tant d’autres pour éviter que, dès qu’on attrape le premier voleur, on le juge et on le met en prison, l’on commence à voir les gens de son parti politique ou de son village manifester dans les rues pour réclamer sa libération.

Enet/ Que voudrait dire, en votre entendement son engagement à réduire les dépenses des institutions pour faire des économies afin de faire appliquer l'accord de Mbudi?

NTM/ Je devine que le Chef de l’Etat a veut que les institutions de la république vivent dans les limites budgétaires qui leur sont imposées une fois le budget approuvé et promulgué. En le faisant, l’on devrait dégager des ressources à allouer aux projets de développement ayant un impact sur le vécu quotidien de la population. Et on l’on devrait dégager des ressources pour non seulement payer régulièrement les fonctionnaires de l’état, mais aussi respecter les niveaux des salaires minima imposés par la loi.

Enet/ Le retour à deux tours pour la présidentielle prôné par le chef de l'État voudrait pour vous aussi dire renforcer la légitimité du président de la République ?

NTM/ Oui, il est important aux scrutins présidentiels à deux tours pour élargir la base de la légitimité du président élu aux suffrages universels directs. Au premier tour, on assisterait aux éliminatoires et au deuxième tour à la finale qui permettrait aux électeurs de choisir le meilleur candidat qui aurait le meilleur projet de société pour le pays.

Enet/ Que pourra changer, pour le pays, selon vous, son option de faire la mutation des élections des Gouverneurs et des Sénateurs au suffrage universel ?

NTM / La mutation des élections des gouverneurs et sénateurs au scrutin universel direct élimera l’incitation à la corruption car personne ne pourra corrompre toute la population pour se faire élire alors que le système de suffrage indirect permet de corrompre quelques députés provinciaux pour devenir gouverneur ou sénateur.

Enet/ Pensez-vous aussi que l'érection d'un tribunal pénal international pour le Congo afin de juger des crimes graves pourrait changer quelque chose dans la lutte contre l'impunité ?

NTN/ Oui, le tribunal international pour le Congo permettra de juger les criminels de sang et les criminels économiques qui ont été identifiés dans le rapport Mapping, mais d’autres que l’on n’identifie depuis ce temps jusqu’à ce jour. Ne pas juger les crimes c’est promouvoir l’impunité. Pour se réconcilier de façon durable, il faut une justice qui s’applique à tous.

Propos recueillis par José-Junior Owawa