RDC/Personnes en situation de handicap : vers une cinquième langue nationale pour une inclusion

La ministre Irène Esambo Diata des PVH (à droite) et Catherine Kathungu Furaha de la Culture, Arts et Patrimoines (à gauche).

Les langues nationales congolaises sont entrain de s’enrichir, car une nouvelle va bientôt voir le jour. Il s’agit de ce qui pourra être qualifié comme étant la cinquième langue nationale, à savoir, la langue des signes congolais.

C’est dans le but d’atteindre ce noble objectif que la Ministre Déléguée chargée des personnes en situation de handicap et d’autres vulnérables a lancé, mardi 17 aout à Kinshasa, les travaux d’harmonisation et d’uniformisation de la langue des signes congolaise.

Pour la ministre déléguée, Irène ESAMBO Diata, cette langue permettra, tant soit peu, de réduire la marginalisation des personnes sourdes, suite au problème de communication.

« C'est une communauté des personnes longtemps marginalisé à cause de leur problème de communication. Et aujourd'hui avec la volonté manifestée par le président de la République, de lutter contre la marginalisation des personnes en situation de handicap, il n'est que normal que nous puissions mettre fin à cette barrière communicationnelle en pouvant doter notre pays d'une cinquième langue qui va permettre l'inclusion des personnes en situation de handicap, particulièrement les personnes sourdes », a dit Irène Esambo à Election-net.com.

Quid de la matérialisation de cette langue

La Ministre des personnes en situation de handicap a indiqué que son ministère a mis en place une synergie qui permettra que ce projet se matérialise.

« Nous avons invité les experts de provinces, spécialement les personnes sourdes et les interprètes. Nous allons travailler avec les universités, car il y a des critères à suivre par rapport à la création d'une nouvelle langue ».

La production d'un dictionnaire

À la question de savoir, combien dureront les travaux pour qu’enfin cette langue voit le jour, Irène Esambo a déclaré à Election-ne.com que trente jours seront suffisants pour pouvoir offrir aux personnes sourdes de la RDC non seulement une des signes mais aussi un dictionnaire approprié.

« Nous allons travailler comme ça pendant trente jours dans mon cabinet avec tous ces experts et à la fin, nous serons à même de produire un dictionnaire de langue de signes, avec un élément vidéo qui va monter comment faire les gestes pour exprimer tel ou tel symboles. Et ce sont ces deux outils qui vont faciliter la création de cette langue des signes.

Une académie des signes annoncée

Pas seulement une langue des signes congolais, mais aussi la mise en place d’une académie des signes pour permettre à la nouvelle langue de toujours se construire.

« Et au finish, nous devons avoir toute une académie des signes. Car, la langue, d'une manière générale est toujours en construction et la langue de signes n'échappera pas non plus à cette règle », a conclu Irène Esambo.

Notez que, selon le rapport de l’OMS, en 2012, 15% de la population congolaise générale vit avec handicap, soit un total de 13 millions des personnes parmi lesquelles, 7.150.000 handicapés moteurs (55 %), 2.600.000 aveugles (20%), 1.950.000 sourds (15%) et 1.300.000 retardés mentaux et autres personnes en situation de handicap.

Liévin LUZOLO

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