RDC: Ouverture d'une enquête judiciaire sur le "meurtre" de Raphaël Yanyi

Palais de la justice de la Gombe . Photo de tiers

Le Vice-premier ministre, ministre de la Justice et garde des sceaux de la République Démocratique du Congo, RDC, Célestin Tunda Ya Kasende vient d'annoncer "l'ouverture d'une enquête judiciaire devant permettre d'élucider les circonstances" du "meurtre" du juge Raphaël Yanyi Ovungu, ancien président du tribunal ayant statué sur l'affaire du détournement présumé des fonds alloués aux travaux du programme d'urgence des cent premiers jours du président Félix Tshisekedi.

Selon le Vice-premier ministre, l'enquête judiciaire ouverte devra permettre d'identifier les auteurs de ce "meurtre" en vue de "les sanctionner avec toute la rigueur de la loi".

Dans sa communication de ce mardi, 16 juin à Kinshasa, Célestin Tunda Ya Kasende a révélé le résultat de l'autopsie pratiquée sur le corps de Raphaël Yanyi Ovungu décédé dans son domicile de Kinshasa, le 27 mai dernier dans des circonstances restées jusque-là mystérieuses.

Selon ce rapport des médecins légistes réquisitionnés par la justice après une information judiciaire ouverte par le Procureur de la République près le tribunal de grande instance de Kinshasa/ Gombe sous RI.1484/PR.021//NDE/ADN, Raphaël Yanyi Ovungu "est décédé de suite d'une hémorragie intracraniene résultant d'un traumatisme cranio-encéphalique".

Ce rapport de l'autopsie révèle également " l'existence des substances toxiques à dose non létale dans le corps du défunt" sans déterminer leurs natures préférant annoncer l'ouverture d'une enquête et la condamnation du Gouvernement congolais face à un acte qualifié d'ignoble par le ministre qui a rappelé la population au calme.

Il faut rappeler que la disparition de Raphaël Yanyi Ovungu, propulsé au-devant de la scène par les enquêteurs sur les soupçons de détournements de plus de 47 millions de dollars destinés aux travaux des cent premiers jours du chef de l'État congolais, a provoqué des vives tensions au sein de la société congolaise.

Originaire de la province du Sankuru située à plein cœur du pays, Raphaël Yanyi Ovungu était devenu un motif de fierté pour sa communauté qui n'a pas hésité d'exiger une autopsie sur le corps du juge après des témoignages troublants de sa famille biologique sur un possible empoisonnement bien que désormais contredits par le résultat des médecins légistes.

Dans cette affaire, plusieurs personnalités impliquées dans ce dossier dit des cent jours sont soupçonnées d'avoir "liquidé" le juge président afin de tenter d'effacer d'éventuelles traces de leur culpabilité.

Autant dire que la confirmation de la thèse d'assassinat par les médecins légistes relance de nouveau ce dossier par ailleurs, renforcé par cette enquête judiciaire annoncée qui devra chercher par tous les moyens de prélever les moindres indices d'ADN sur le corps de la victime et sur le lieu de sa mort afin de tenter de trouver la vérité.

José-Junior Owawa