RDC : "On ne crée jamais une majorité pour le Chef de l'État dans une République qui fonde sa vision sur les valeurs…", (Elie Kazadi)

Élie Kazadi Kamango, Président du FKE, photo tiers

Président National du Front des Kabilistes Engagés, (FKE) et cadre du Front Commun pour le Congo, (FCC), Elie Kazadi Kamango estime que l'initiative du chef de l'État de convoquer les parlementaires à 48 heures de la session extraordinaire censée remplacer les membres du bureau de l'Assemblée Nationale déchus relève de la pure politique. Car, a-t-il renchéri, le cadre approprié pour un chef de l'État pour exposer sa vision et passer en revue la situation générale du pays reste le Congrès.

En effet, dans cette interview exclusive accordée à election-net.com ce lundi, 04 janvier 2021, Elie Kazadi Kamango s'est voulu rassurant sur les atouts du chef de fil de sa plate-forme, Joseph Kabila Kabange à relever la tête après le camouflet subi à l'issue de la destitution de Jeanine Mabunda du perchoir du parlement par les députés nationaux se réclamant de l'Union Sacrée.

Ci-dessus, l'intégralité de l'interview

ELECTION-NET.COM (ENET) Que vous inspire l'initiative du chef de l'État, Félix Tshisekedi de rencontrer les députés nationaux se réclamant de l'Union sacrée à 48 heures de la session extraordinaire au parlement censée choisir le successeur de Jeanine Mabunda à la tête de l'institution ?

Elie Kazadi Kamango (EKK): Le cadre approprié pour le Chef de l'État, en vue d'exposer sa vision et passer en revue la situation générale du pays, reste le congrès. Je suis désolé de constater pour la première fois au monde, un Chef de l'État de surcroit se substitué en directeur de campagne électorale. Ceci prouve la peur et l'hésitation.

On ne créé jamais une majorité pour le Chef de l'État dans une République qui fonde sa vision sur les valeurs. C'est une dictature en gestation.

ENET : Les organisateurs de cette messe autour du Président de la République disent avoir réuni plus de 300 élus, autant dire que la bataille pour le contrôle du bureau appartient au passé pour le FCC?

EKK : Ce n'est que logique qu'ils soient à 300 où 50000 personnes. N'avez-vous pas remarquer la présence en masse des Sénateurs, les membres du cabinet du Chef de l'État, les députés nationaux et provinciaux, les responsables des partis politiques et cadres de l'UDPS dans cette messe ?

Ce n'est pas le nombre gonflé et la présence qui nous impressionnes. C'est la conscience qui vote. Tu peux dormir avec les 500 députés nationaux, mais n'est pas remporté la victoire. Le FCC reste soudé au tour d'une idéologie et des valeurs. Ce qui nous importent, C'est les élections à l'Assemblée Nationale. Et nous allons les remportées.

Toutefois, le Chef de l'État a intérêt à inviter qui il veut, s'il faut discuter des questions d'intérêt national.

ENET: Félix Tshisekedi a, lors de ces échanges, exhorté les élus nationaux présents à ne pas se laisser intimider. Comment comprenez-vous cette exhortation du chef de l'État ?

ENET: Tout directeur de campagne ne doit que se comporter de la sorte. Il sait que les députés nationaux du FCC ne voteront jamais pour un autre candidat. C'est une exhortation fondée sur la peur. Les députés nationaux du FCC avaient choisi Joseph KABILA KABANGE pour des raisons de valeurs et d'idéologie. Ce qui n'est pas le cas avec l'Union sacrée qui est jusque là une idée sans soubassement clair. Il sera surpris. Allons-y seulement…

ENET : Jamais le Front Commun pour le Congo n'a perdu autant de ses cadres comme ce dernier temps, autant dire que son chef de fil, Joseph Kabila est désormais un homme seul?

EKK: Nous n'avons pas perdus nos hommes comme vous le pensez. Bien au contraire, la commission ad hoc en charge d'harmonisation mise en place par l'Autorité Morale du FCC en collaboration avec la coordination chapeautée par le camarade Néhémie MWILANYA ont eu déjà à mettre fin à toutes les frustrations en interne. Ce qui donne lieu aux attentes positives de tous les membres du FCC. Le FCC ne table jamais sur les illusions et prétention comme le font nos adversaires. Nous sommes une machine politique très stratégique, expérimentée et responsable. Donc, prenez votre mal en patience, vous serez surpris sous peu.

ENET : Quelle est, à votre avis, la thérapie pour la plate-forme kabiliste en cette période tumultueuse afin de rebondir ?

EKK : Écoutez, j'appartiens à une famille politique très bien organisée et responsable. Nous allons remporté la compétition. J'exhorte nos députés nationaux d'écrire une nouvelle histoire en confondant le plan machiavélique des impérialistes. Nous avons que cette République. Officialiser la trahison, corruption, violations intempestives de lois de la république sont des anti-valeurs.

Ne vendez jamais la République pour de promesses nos réalisables. C'est une insulte. Vous avez la responsabilité de sauver cette république.

Propos recueillis par José-Junior Owawa