RDC : ''Nouvel épisode de crises politiques au pays'', tribune de Jean-Baptiste Kasekwa

Jean-Baptiste Kasekwa, député national

Les réactions fusent de partout après l'adresse du chef de l'État Félix Antoine Tshisekedi à la Nation, pendant que les uns félicitent le président de la république pour avoir entamé ce processus de se débarrasser avec le Front Commun pour le Congo (FCC), d'autres par contre estiment qu'un nouvel épisode de crises politiques vient d'être créée. C'est le cas du député national Jean-Baptiste Kasekwa un des cadres du parti politique Ecidé de martin Fayulu qui, dans une tribune parvenue à election-net.com, a souligné que cette crise reste la conséquence ''d'une illégitimité'' au sommet de l'État.

Ci-dessous l'intégralité de sa tribune :

Nouvel épisode de crises politiques en RDC

Nous sommes à nouveau de plein pied dans une crise politique aux conséquences incalculables. Cette crise était prévisible parce que les mêmes causes produisent les mêmes effets.

En effet, l'exposé de motifs de notre constitution dispose : "Depuis son indépendance, le 30/6/60, la RDC est confrontée à des crises politiques récurrentes dont l'une des causes fondamentales est la contestation de la légitimité des institutions et de leurs animateurs."

Parce qu'ils étaient illégitimes car n'ayant pas été élus, les animateurs actuels ont signé un deal secret à l'origine de l'accord incestueux FCC-CACH.
Nous avons perdu toute l'année 2019 pour qu'ils parviennent à s'entendre sur la mise en place du Gouvernement et des organes dirigeants de l'Assemblée nationale. Ces institutions n'ont fonctionné que pendant une année.

Ils réalisent tous qu'ils ne peuvent pas avancer.
La destruction de ces institutions va prendre beaucoup de jours ou de mois. Les tractations pour la mise en place de nouveaux animateurs peut également prendre plusieurs mois.

C'est dire que 2021 s'annonce à nouveau comme année de mise en place des institutions comme 2019. Ce sera la 3eme année du mandat.
Dans l'entretemps, la question de tueries, du défi de la gratuité, de la cessation de paiement par le Trésor public, de la nouvelle vague d'Ebola,… ne préoccupent personne pour rendre compte aux populations.

En définitive, nous sommes partis pour un mandat complètement perdu aux conséquences irrémédiables énormes.

Pourtant cela était évitable n'eut été l'avidité du pouvoir pour le pouvoir. La question qui se pose est de savoir comment atténuer les conséquences néfastes de l'enlisement de la crise actuelle. Comment éviter qu'elle ne donne pas lieu à de reliefs particulièrement graves comme en 1996/1998.

Deux schémas semblent être proposés. Pour les uns, il faut travailler à la neutralisation immédiate de l'un de deux signataires du deal sorcier pour libérer le chemin jusqu'à 2023.

Pour les autres, il faut s'inspirer de fin 2016 envue d'un consensus pour l'organisation d'élections générales anticipées précédées de réformes institutionnelles.

Mais tout dépend de rapports de forces entre les différents protagonistes. Sans oublier que Kinshasa n'est pas toute la RDC.

D'autres acteurs nationaux ou étrangers peuvent tirer motif de cet enlisement pour surgir sur la scène politique et imposer leur agenda.

Mon désir est de voir les différentes couches de la population se mobiliser pour peser dans la marche de leur pays au lieu de se laisser entraîner en simples fanatiques des auteurs de notre malheur.

Comme sous la guerre de 98-93 et sous la lutte pour revendiquer la tenue des élections de 2018, nos intelligences et notre autonomie d'initiative et d'actions sont sérieusement sollicitées. Dieu est avec nous. Avançons !

Se/ J.B KASEKWA.

Il sied de noter que les avis divergent sur l'annonce du président de la république Félix Antoine Tshisekedi, celle d'avoir un informateur qui aura comme tâche d'identifier la nouvelle majorité au parlement. Du côté du FCC, cette décision du chef de l'État ne passe pas quoiqu'elle soit confirmée aux prérogatives constitutionnelles lui reconnues à l'article 78, alinéa 2.

Prince Bagheni, à Goma