RDC : Mukwege-Kagame, le bras de fer se poursuit

Kagame vs Mukwege

Jusqu’où vont aller Paul Kagame et Denis Mukwege ? Invité à l’Assemblée provinciale du Sud-Kivu à l’occasion de la journée porte ouverte organisée par cette institution ce mercredi 02 juin 2021, le Docteur Denis Mukwege a réagi violemment contre les propos «négationnistes» tenus dernièrement en France par le président Rwandais Paul Kagame, en ce qui concerne les massacres commis à l’Est de la RD Congo, dénoncés dans le rapport Mapping.

Prenant la parole, le Dr Denis Mukwege a estimé que les propos de Paul Kagame dénotent d’une certaine « naïveté ». «... le président d’en face s’est prononcé et a nié les massacres congolais. C'est une naïveté ça. Ce n’est pas celui à qui profite notre richesse qui dira à notre place que les pauvres congolais sont massacrés, il faut vraiment avoir pitié d’eux », a-t-il soutenu.

« Le réparateur des femmes » a en outre, soutenu qu’il ne lésinera pas sur les moyens et usera de tout son courage pour faire des plaidoyers en faveur de la création d'un Tribunal pénal pour le Congo afin de rendre justice aux milieux de victimes des atrocités commises depuis 1999 en RD Congo.

Au surplus, le Dr Mukwege regrette le fait que les crimes commis en RD Congo sont beaucoup plus dénoncés par les étrangers que par les Congolais eux-mêmes. «Ce qui se passe en RDC concerne d'abord les Congolais. Et avant d'interpeller les autres, on devrait d'abord interpeller les Congolais. Le parlement européen a voté une résolution qui demande aux pays européens d'instaurer un tribunal d'une chambre spécialisée mixte en RDC par rapport aux crimes commis au Congo. Mais notre parlement ne l’a jamais fait», a regretté l’homme à la blouse blanche.

Pour le prix noble de la paix, il est temps que tous les Congolais s'impliquent, sans distinction de race dans la réclamation de la création de ce Tribunal pénal pour le Congo.

Tout en indiquant qu'au-moins 7 femmes violées sont soignées à son hôpital chaque jour, Denis Mukwege précise que le nombre de personnes tuées depuis le début de massacres à l'Est du Congo est de 6 millions.

«On ne peut pas régler les crimes des guerres, des massacres et des tueries par la réconciliation», a conclu le médecin directeur de l’hôpital de Panzi.

Héritier Bashige, depuis Bukavu