RDC/ Meurtre Chebeya : la justice statue sur la comparution de Joseph Kabila

Joseph Kabila, ancien président de la RDC

La Haute Cour militaire siégeant au second degré sur le double assassinat des défenseurs des droits de l'Homme Floribert Chebeya et Fidèle Bazana, va se prononcer le mercredi prochain sur la comparution de l'ex-président Joseph Kabila et d'autres personnes citées par le policier Paul Mwilambwe, poursuivi pour désertion. 

Cette exception a été soulevée par les avocats des parties civiles au cours de l'audience foraine de ce mercredi 12 janvier 2021 à la prison militaire de Ndolo. Ces derniers se sont abstenus de plaider. 

"Notre note des prolégomènes, c'est pour demander un avant dire droit pour auditionner toutes les personnalités publiques citées par Mwilambwe. Par là, je voudrais entendre l'ancien président de la République Joseph Kabila, les généraux, les colonels, le responsable de l'ANR et même l'auditeur général Ponde qui est aujourd'hui à la retraite. Tout ce monde doit être entendu pour qu'on clarifie ce qui s'est passé", a déclaré à la presse Me Richard Bondo, Coordonnateur des parties civiles. 

Quant à l'opportunité de leur démarche, il a affirmé que c'est pour le triomphe de la vérité. 

Par contre, Me Jean-Marie Eley, avocat des parties civiles pour le compte de l'ONG La Voix des Sans Voix, n'a pas voulu adhérer à cette logique. Il a considéré que c'est un préalable qui ne vaut pas son pesant d'or. 

"Nous devons respecter les règles de procédure pénale. Nous avons instruit cette affaire jusqu'à la fin. La Haute Cour a demandé aux parties civiles de venir plaider. Dans le code judiciaire militaire, les demandes sont formulées avant l'étape de la plaidoirie. Moi, je demande que la procédure continue et qu'on reçoive les plaidoiries", a-t-il fait savoir. 

Il a accusé ses collègues de vouloir politiser ce dossier. 

"Ils subordonnent leur plaidoirie à la comparution des individus notamment Joseph Kabila et John Numbi. Moi, je suis partie civile. Je ne peux pas subordonner ma plaidoirie à la comparution de personnes citées. Je m'inscris en faux. Ce n'est pas ma demande. Le problème est que les avocats ne veulent pas plaider. Ils veulent faire la politique. Je suis professionnel. J'ai été formé idéologiquement. Ils ont leurs objectifs. C'est un problème de philosophie de droit. Je ne peux pas être responsable des situations qui peuvent arriver au pays…", a souligné Me Eley.

Dans sa déposition comme renseignant le mercredi 8 décembre dernier, le policier Paul Mwilambwe avait chargé Joseph Kabila d'être le commanditaire principal de l'assassinat de Chebeya et Bazana. 

"L'ordre est venu que toute personne qui accompagnerait Chebeya, même si c'était sa femme doit subir le même sort. C'est la raison pour laquelle il m'a montré le corps sans vie de Chebeya en disant que l'ordre est venu de la hiérarchie. Je lui ai posé quelle hiérarchie ? Il m'a cité le nom du général John Numbi. Je lui ai dit qu'est-ce qui prouve ? Il dit le général John Numbi avait reçu l'ordre du président de la République Joseph Kabila. C'est ce que Christian Ngoy m'avait dit", avait-il révélé. 

Condamnés à la peine capitale par défaut au premier degré, les policiers Christian Ngoy Kenga Kenga, Jacques Mugabo et Paul Mwilambwe sont poursuivis notamment pour assassinat, association des malfaiteurs, enlèvement, terrorisme et désertion.

election-net.com/ 7sur7cd

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