RDC/masacres de Kipupu: Dénis Mukwege dénonce des menaces dont il fait l’objet

Dr Denis Mukwege

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Le gynécologue congolais, Denis Mukwege a dans une déclaration alerté l’opinion sur les diverses correspondances haineuses, intimidations et menaces depuis son récent tweet du dimanche 26 juillet dénonçant les récent massacres survenus à Kipupu en territoire de Mwenga au Sud Kivu.

Le prix Nobel de la paix 2018 rappelle que depuis 22 ans, les conséquences dramatiques de la guerre sur le sol congolais, dans les Kivus et d’autres provinces de notre pays sont visibles. « Depuis, je n’ai cessé de militer pour la recherche de la vérité et l’application de la justice, sans lesquelles nous ne pouvons espérer une paix durable. Peu importe la période, peu importe la région du monde, aucun mensonge, aucune construction falsifiée de l’Histoire n’a jamais réussi à pérenniser la paix », rappelle t-il

Par ailleurs, il signifie que les Bourreaux et victimes n’ont aucun avenir s’ils sont condamnés à vivre dans le mensonge. D’où sa demande depuis bientôt 10 ans, l’examen du rapport Mapping réalisé par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les Droits de l’Homme.

« Ce rapport contient une compilation de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de crimes de génocides détaillés de 1993 à 2003. Sans que l’on analyse ces crimes qui jalonnent l’Histoire du Congo, sans que justice ne soit rendue pour ces crimes, aucun peuple impliqué dans ces conflits ne pourra se relever ou ne pourra vivre en paix », explique t-il.

Ce qui fait peur aux « présumés auteurs des crimes »

Selon ce gynécologue congolais de renommée internationale, le fait de préconiser la création d’une juridiction spéciale pour juger les crimes au Congo fait peur à certaines personnes qui déversent leur haine sur les réseaux sociaux en opposant les uns aux autres, souvent sur la base de mensonges.

Ainsi, il a noté que la réconciliation entre les peuples et l’instauration de réparations pour les victimes ne peuvent se faire sans que ‘nous recherchions, sans relâche, la vérité’. Car estime t-il, « Dire la vérité, c’est le début du changement ». Ce qui est valable selon lui, pour une victime de violences sexuelles comme pour une victime de guerre, de génocide ou de n’importe quel traumatisme.
Il ne se lasse pas malgré les menaces subies

Le Prix Nobel de la Paix 2018, s’est montré déterminé à continuer à denoncer pour que vérité soit connue dans les actes de violences et massacres de populations civile, car estime t-il, chaque massacre est un massacre de trop. Aucune vie n’a plus de valeur qu’une autre.
« Aucune malversation intellectuelle, aucune menace, aucune utilisation de la peur, ne m’empêchera de m’exprimer sur la réalité des atrocités que vivent les populations de mon pays et dont je soigne les séquelles tous les jours dans mon hôpital à Bukavu. Depuis 2012, après deux tentatives d’assassinat, je continue de recevoir des menaces de mort. Je vis dans mon hôpital sans pouvoir en sortir sauf lors de mes voyages à l’étranger », a-t-il indiqué

Enfin, certaines questions pouvaient revenir dans la déclaration du Dr Mukwege, et les toutes sont adressées à ceux là qui sont auteurs auxquelles il fait face et se dit qu’il continuera toujours à répondre à la violence par l’amour. Et, face à ces cycles de violences, de représailles qui ne profitent qu’à ceux qui cherchent à maintenir le chaos en RDC pour mieux le piller, ‘nous lançons un appel à la justice, à la coexistence pacifique et à la paix’

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« Qui a intérêt à m’assassiner ? Pourquoi ma recherche de la vérité et mon désir de justice dérangent ? La recherche de la vérité est un processus extrêmement difficile, je comprends que je sois attaqué et menacé par des gens qui ont choisi un camp, ce n’est pas mon cas, mon combat est la disparition de tous les massacres dans mon pays Par le serment d’Hippocrate, j’ai décidé de dédier ma vie à aider mon prochain sans distinction de classes sociales, de genre ou d’origines ethniques », a-t-il chuté.

Prince Bagheni, à Goma