RDC/lutte contre la drépanocytose : Le RENADHOC interpelle l’assemblée nationale

Le Réseau National des ONG des Droits de l’Homme de la République Démocratique du Congo (RENADHOC) saisit les autorités congolaises sur la nécessite et l’urgence de moderniser l’état civil dans un état archaïque et démodé, aussi lutter pour la protection des populations contre la drepanocytose à travers des mesures d’un certificat médical prénuptial, en dehors de la sensibilisation.

Dans une déclaration parue cette semaine, le RENADHOC s’inquiète du fait qu’alors que nous sommes à l’ère du numérique, en RDC, l’enregistrement des faits et des déclarations continue à se faire à la main nue et à l’aide des registres en papiers dont la conservation de ces données démographiques s’avère hypothétique voir difficile ou impossible de retrouver des données fiables de la population congolaise avec cette augmentation exponentielle des nombres d’habitants. Une démarche qui révèle d’un parcours de combattants.

La RENADHOC estime que la non-maîtrise des données de l’état civil a un impact négatif réel sur le développement du pays, d’autant plus que ces données statistiques permettent de planifier, d’élaborer et de mettre en place des politiques de développement dans tous les domaines de la vie nationale notamment dans la santé, l’éducation, l’habitat, l’eau, l’énergie, l’emploi, les infrastructures, pour ne citer que ceux-là. Ces données permettront aussi de canaliser des ressources à ceux qui en ont le plus besoin pour éviter le gaspillage et réduire les disparités, mais aussi créer l’équilibre.

Pour ce faire, cette organisation des droits de l’homme plaide pour la modernisation dans ce secteur dans un meilleur délai, car cela constitue la clé du développement intégral de la RDC. Il faut, selon la RENADHOC, réformer le code de famille notamment dans ses dispositions relatives à l’état civil à travers l’introduction dans le code de la famille d’un numéro d’identification national (NIN), le numéro d’identification de l’étranger (NIE) et le numéro d’identification des réfugiés et apatrides (NIRA).

Outre cela, il faudrait numériser le secteur de l’état civil afin de conserver ces données sur un support électronique pour un meilleur archivage démographiques et ainsi faciliter la consultation des statistiques sur la population. Il faut également, créer un service public spécialement consacré à l’état civil dans le but d’améliorer la qualité et fiabilité de ses prestations en créant des bureaux secondaires notamment dans les structures de santé pour les actes de naissance et décès, aussi dans les ambassades et missions diplomatiques congolaises. Cela permettra au Gouvernement de matérialiser son programme d’action 2021-23 de « construire un état fort, prospère et solidaire » et de traduire en actes son engagement de réaliser les Objectifs de développement durable (ODD) d’ici 2030.

Concernant la drepanocytose ou l’anémie SS, la RENADHOC lance un cri l’alarme afin qu’un certificat prénuptial y compris un moyen légal de l’état soit mis en place pour lutter contre cette maladie héréditaire. Si le docteur Manzombi affirme que la RDC est le 3eme pays le plus touché dans cette maladie après l’Inde et le Nigeria sur une population de plus de 90 millions d’habitants, les risques y sont grands, car 25 et 30% des populations sont porteuses de gène (hétérozygotes ou AS) et peuvent le transmettre à leurs enfants. Si la drépanocytose est l’une des causes de mortalité infantile d’environ 2% dont certains meurent avant l’âge de 5 ans, il est crucial d’agir en conséquence.

Pour éviter à ce que ce gène se répande, il faut, selon la RENADHOC, exiger un test médical prénuptial sur les deux fiancés qui aspirent à se marier pour une prévention obstétricale et une prise de conscience des futurs époux sur leurs états hémoglobiniques.

Aux députés nationaux, d’examiner et adopter en toute urgence la proposition de loi modifiant et complétant le code de la famille dans ses dispositions relatives à la personne (état civil), ce qui permettra de réduire sensiblement, voir stopper cette anémie SS.

Theo Liko

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