RDC : "L’IGF, est-ce un dieu mal compris… ?" [Tribune]

Entrée du bureau de l'IGF à Kinshasa. Ph. Illustration

Depuis sa création jusqu’à ce qu’il y a peu, jamais l’Inspection générale des finances (IFG), que beaucoup découvrent d’ailleurs aujourd’hui, n’avait fait parler d’elle comme c’est le cas actuellement. Pourtant censée apporter un peu d’air frais aux finances publiques, l’IGF subit des attaques de toutes parts. Même certains illuminés se laissent aussi facilement embarquer dans les élucubrations de ceux qui ne jurent qu’à l’étouffement du travail de l’IGF.

Ce gendarme financier fait penser à ce bébé que se disputaient deux mamans devant le sage roi Salomon. Décidément, on veut diviser l’IGF en deux. Une partie pour le « pouvoir » et l’autre moitié à distribuer entre l’opposition et les caciques de l’ancien régime.

Si peu de gens qui ne s’accommodent pas à la maffia encouragent ce gardien des fonds publics, beaucoup parmi les fossoyeurs ne supportent pas cette arme de dissuasion. Tous les moyens sont bons pour la clouer au pilori. Et ce qui est incroyable, c’est de voir les adaptes et complices des personnes citées dans le désordre financier se mettre à donner des leçons à l’IGF sur des questions dont les spécialistes peinent parfois à s’accorder. Chantage, acharnement, chasse aux sorciers, il ne se passe pas un jour sans qu’une nouvelle étiquette soit collée à l’IGF, diabolisée à outrance.

Intrusion politique !

Au moins, l’IGF part et s’appuie sur des faits dont il appartiendra à la justice de prouver ou non la véracité. En tout état de cause, c’est prudent de chasser les sorciers de peur qu’ils ne vident tout le village.

Dans cette campagne de sape contre l’IGF, faut-il y voir une intrusion politique ? Nous vivons dans un pays où le succès politique d’un camp est un échec politique d’un autre camp. Pour le temps qu’on n’est pas encore au pouvoir, il faut tout rejeter, et récupérer les mêmes choses, une fois assis confortablement sur le trône. Une mauvaise pratique qui n’est pas sans rappeler l’interpellation d’Abdoulaye Wade : absence de culture politique.

A force de vivre avec ce démon qui a la peau dure, l’homme congolais est resté piégé dans la confusion mi- ange, mi- démon.

L’IGF, dieu mal compris, paie le prix de ce brouillamini, elle en aura encore pour quelques années, jusqu’à ce que l’homme congolais s’émancipe du soutien aveugle aux délinquants des finances publiques. Malheureusement, même pour des questions d’importance nationale, on préfère y aller avec les couleurs politiques, teintées d’une légèreté déconcertante.

On ne peut vouloir une chose et son contraire. On peut ou ne pas l’aimer, soutenir ’IGF, c’est prévenir l’hémorragie financière qui arrose les comptes bancaires de ceux qui privent les Congolais l’accès aux besoins essentiels liés à l’existence de tout être humain

Pour tout dire, il est imprudent de penser que l’actuel président de la République soit la seule véritable maman de ce bébé IGF dont on cherche la mort. Il est tout simplement celui qui a eu la bonne idée de lui apporter du lait et de l’aide nécessaire pendant sa période trouble. Mais au finish, ce bébé appartient à tous les Congolais quelle que soit leur couleur politique. Sa bonne croissance fera le bonheur de tout le peuple. C’est le moment d’entrer dans la danse.

Cyprien Kabunda

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