RDC : les universités face à l'effet domino de la grève

Marche pacifique des Chefs de Travaux et Assistants à Kindu/photo droits tiers

Après les infirmiers, les enseignants des écoles primaires et secondaires, c'est le tour des professeurs, chefs de travaux et Assistants des établissements publics d'enseignement supérieur et universitaire d'entrer en grève depuis ce mercredi 05 janvier 2022. Et ce, sur toute l'étendue de la République Démocratique du Congo (RDC).

Ainsi, la rentrée académique prévue pour ce même mercredi par le calendrier édicté par le Ministère de Tutelle s'est limitée aux traditionnelles cérémonies officielles d'ouverture de l'année académique. À l'exception des étudiants de promotion de recrutement (premier graduat(G1) ou encore G0) qui ont assisté dans certaines institutions de certaines villes du pays, à des séances d'initiation à la vie universitaire, ceux des promotions montantes qui ont été nombreux à se présenter dans leurs différentes institutions ont constaté avec impuissance l'absence des enseignants. Ces derniers sont restés à leurs maisons, respectant les mots d'ordre de leurs Syndicats.

Dans certaines villes du pays comme à Kindu, chef-lieu de la province du Maniema, les chefs de travaux et assistants ont organisé en ce jour de la rentrée académique une marche pacifique qui est partie du rond-point du Cinquantenaire pour chuter au Gouvernorat de province où ils ont déposé leur déclaration de grève auprès du Ministre provincial du Budget Asumani Mankunku Dady représentant le Gouverneur intérimaire Afani Idrissa Mangala.

Dans ce document consulté par election-net.com, ils dénoncent le mauvais traitement dont ils font l'objet, tout en réclamant son amélioration.

"Étant donné que le Gouvernement n'a pas répondu favorablement aux préoccupations du personnel scientifique, les Chefs de Travaux et Assistants réunis en SYNACASS-Maniema, déclarons une grève sèche dans tous les établissements publics de l'ESU-Maniema jusqu'à ce que l'État congolais réponde aux préoccupations ci-dessous :

  1. La preuve de la justice et l'équité en payant Aux Assistants la moitié du traitement d'un Professeur et 75% d'un Professeur au Chef de Travaux ;
  2. Augmenter l'enveloppe aux Chefs de Travaux et Assistants à chaque occasion qu'il augmente au personnel académique ;
  3. Mécaniser les Assistants N.U et payer les Chefs de Travaux qui ne sont pas payés à leur grade ;
  4. Accorder les bourses d'Études aux Chefs de Travaux et Assistants", ont-ils déclaré.

Par ailleurs, si les revendications de toutes ces couches ayant tenté de grever depuis la mi-juillet de l'année finissante sont d'ordre social et jugées légitimes par plus d'un observateur, l'attitude du Gouvernement reste cependant à désirer, laissant parfois la situation de grève durer longtemps sans trouver des solutions aux revendications des grévistes. Nombreux en donnent pour illustration, la grève des infirmiers et personnel non-médecin des hôpitaux publics qui, décrétée en juillet 2021, s'est poursuivie jusqu'en décembre de la même année sans que les revendications des grévistes ne trouvent solution. Des hôpitaux publics sont restés sans infirmiers pendant environ 5 mois, avec des conséquences incalculables sur la vie des malades. Les observateurs craignent que la même situation ne se reproduise à l'Enseignement Supérieur et Universitaire et ne tire en longueur l'année-academique 2021-2022 qui est du reste, une année expérimentale du système LMD(Licence, Master, Doctorat).

Kilikumbi Lusumbasumba Isaac

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