RDC : «Les africains doivent penser par eux-mêmes et définir leurs propres modèles de développement et de gouvernance», Dr Ludovic Mumbunze

Le professeur des Universités et Docteur, Ludovic Nico Mumbunze. Ph de tiers.


Face à la dépendance africaine et congolaise en particulier, dans la quasi-totalité de domaines de la vie, le professeur Docteur, Ludovic Mumbunze, appelle les africains et congolais en particulier à l’esprit d’inventivité et de créativité sans attendre être dirigés par l’extérieur ou que d’autres fassent le travail à leur place.
Dans sa thèse de doctorat en philosophie intitulée: « Conditions de possibilité d'une véritable autonomie des États africains. Réflexions à partir de Kant », le professeur Docteur, Ludovic Mumbunze procède par une observation minutieuse et non partisane de la réalité du monde qui donne inexorablement lieu à un constat d’évidence.

«La faiblesse de l’Afrique, mieux des États africains sur la quasi-totalité de domaines de la vie. Cette faiblesse est clairement perceptible à travers la fragilité de ses États, doublée d’une instabilité politique chronique ; la forte dépendance et les déficits capacitaires de pays du continent noir, sans oublier la précarité économique qui est à l’origine de la grogne sociale et de l’insécurité humaine et qui justifie l’immigration excessive, parfois clandestine dans des conditions inacceptables, des Africains vers des ailleurs paradisiaques. Sur divers aspects, les États africains n’ont d’autonomie qu’apparente », a-t-il indiqué.

Pour lui, les tares de la traite négrière, de la politique expansionniste ayant conduit au formatage de l’imaginaire collectif des Africains, à la négation et/ou l’auto-négation de l’homme noir et les velléités impérialistes de certaines puissances ont largement contribué à la dépendance de l’Afrique.

«C’est un truisme de le dire. Mais il est plus important de reconnaître que la stagnation du continent berceau de l’humanité est en grande partie liée à la lâcheté, à la paresse, à l’extraversion et à l’attentisme de ses citoyens », a dit le professeur Ludovic Nico Mumbunze.

Pour une véritable autonomie de leurs États, conseille-t-il, il s’avère nécessaire que les Africains prennent conscience de leur responsabilité personnelle. En d’autres termes, a-t-il poursuivi, qu’ils aient le courage d’user raisonnablement de leur propre entendement en cultivant l’esprit d’inventivité et de créativité sans attendre être dirigés par l’extérieur ou que d’autres fassent le travail à leur place.

«C’est à cette audace de penser par eux-mêmes, de définir eux-mêmes leurs propres modèles de développement et de gouvernance qui ne soient pas des reproductions pures et simples des théories toutes faites conçues ailleurs que nous les invitons, partant du sapere aude kantien. Il s’agit de réveiller dans l’Africain le goût de l’initiative historique, de la pensée rationnelle et émancipatrice », a-t-il conclu.

Auteur de L’humanisme politique chez Kant aux Éditions Universitaires Européennes en 2014 (192 p.) et de quelques articles scientifiques, le professeur Ludovic Nico Mumbunze, ancien Assistant du Commandant adjoint au Collège des Hautes Études de Stratégie et de Défense (CHESD), où il s’occupe présentement des Recherches Stratégiques, enseigne notamment à l’Université Catholique du Grand Bandundu (UCGB), à l’Institut Supérieur de Philosophie (Grand Séminaire Interdiocésain Saint Augustin de Kalonda), à l’Université Révérend Kim, et à l’Institut Supérieur d’Informatique Chaminade (ISIC).

Il sied de signaler également que le professeur Ludovic Nico a fait ses recherches doctorales à la Rheinische Friedrich-Wilhelms-Universität Bonn (Université Rhénane Frédéric Guillaume de Bonn) en Allemagne sous l’encadrement du Professeur Christoph Horn et à l’Institut Catholique de Paris en France sous l’encadrement du Professeur Jean-François Petit.

Liévin LUZOLO