RDC: Le calvaire des patients atteints de covid-19 dans les hôpitaux de Goma [Exclusif]

Un patient de Covid-19 sous oxygène dans un hôpital de Goma ©JBK

La capitale provinciale du Nord-Kivu à l'est de la République démocratique du Congo est frappée par la troisième vague  du coronavirus. Selon l'Institut national de recherches biomédicales -INRB-, le variant Delta ravage la  ville volcanique dont les nombres de cas explosent.

Le gouvernement congolais n'a pas  encore relancé la campagne  de vaccination toujours stoppée, après  l'expiration annoncée des milliers de doses  du   vaccin  Astrazeneca dont l'efficacité a été remise en cause par le chef de l'État Félix Tshisekedi,  lors de sa récente communication dans les médias. 

Chaque jour qui passe, des morts en cascade dûes au Covid-19 sont recensés à Goma, les hôpitaux inondés, mais désertés par les médecinss suite à une grève lancée par le SYNAMED, de restriction des visites aux personnes infectées, les patients du covid -19 vivent le calvaire.

"La situation est chaotique ici à l'hôpital, mon grand frère était dans une situation de coma, il y a 5 jours à heal Africa, nous avons tout fait pour sa prise en charge, mais c'était inquiétant pour le coût lié à la bonbonne, pour être placé sous respirateur 2 jours durant avant son rétablissement, nous avons payé plus de 610 dollars", dénonce Synthia Kavira.

Ce témoignage  démontre  la fragilité de la  situation dans laquelle plusieurs malades de coronavirus se retrouvent . Si  le mieux offrant s'alarme , que dire des autres catégories de la population affectée par cette maladie dont leurs moyens financiers ne peuvent pas  faire face.

Dans les hôpitaux (Heal Africa,  Charité maternelle, Hôpital provincial du Nord-Kivu, CBCA Virunga ) les malades inondent les salles et  leur prise en charge devient  difficile, assure le docteur Jules Muhaya. Selon lui, "il y a carence d'oxygène, insuffisance des salles d'accueil bref, la situation n'est pas sous contrôle. 

"L'explosion des nombres de cas a rendu difficile la prise en charge des patients ayant par exemple des problèmes  respiratoires,  ceux dépourvus  des moyens financiers ne sont pas placés sous oxygène et meurent à cause du manque des moyens", témoigne un autre patient allongé sur un matelas au sol et placé dans un couloir d'une des Salles. Une bonbonne achetée il y a peu à 30 dollars est vendue entre  60 ou 70 dollars et pour un patient en phase élevée de la maladie il lui faut  4 à 5 bombonnes par jour pour tenter d'être réanimé.Cette situation  enflamme les habitants de Goma.

Le responsable  de l'INRB Goma appelle à l'apaisement, le docteur Aruna soutient que cette situation est déjà entre les mains des autorités congolaises qui sont en train de multiplier des stratégies pour maîtriser cette situation. Il insiste sur le respect des mesures barrières qui restent jusque-là, seuls   moyens pour prévenir contre la maladie de coronavirus. 

La société civile monte au créneau  et dénonce l'attitude des autorités qui ont laissé la maladie envahir la population pour payer leur résistance face aux vaccins. 

"Ils ont déclaré Goma épicentre de la maladie ,ils devraient confiner la ville pour empêcher  que la maladie s'étende" , a déploré Placide Nzilamba. L'activiste de la société civile  invite le ministre de la Santé à se dépêcher dans la capitale provinciale du Nord-Kivu suivre la situation.Les autorités ne savent pas même comprendre que la situation est grave"  

En marge du plaidoyer pour faire face à cette maladie, une délégation de  députés nationaux du Nord-Kivu et Ituri  avaient  rencontré jeudi le ministre national de la Santé Jean-Jacques Mbungani pour inviter le gouvernement à s'impliquer si vite  pour l'amélioration de la situation sanitaire à Goma, épicentre de la troisième vague de la pandémie de Covid-19.

Lors de cette audience, Jean-Jacques Mbungani a assuré à ses visiteurs, de la volonté du Gouvernement Central à approvisionner les Hôpitaux en kits d'oxygène et d'autres intrants médicaux en urgence pour faire face.

Patrick Félix Abely

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