RDC: « la ville de Kinshasa n’est pas gouvernée », Jean-Marc Kabund déshabille le gouverneur Ngobila

Le caucus des députés nationaux élus de Kinshasa.

« La ville n’est pas gouvernée ou encore il y a absence totale de l’autorité de l’état dans cette ville”. C’est ainsi que le 1er vice-président de l’Assemblée nationale et élu de Kinshasa, a déclaré au nom de ses collègues qui ont tablé sur la situation de la ville province de Kinshasa ce mercredi.

Malgré son statut de province, Kinshasa présente l’image d’une ville non gérée au regard de l’anarchie qui s’est installée dans tous les domaines. Excédés par ce désordre érigé en mode de gestion, les élus de Kinshasa, toutes tendances confondues, à l’initiative de l’honorable vice-président de l’Assemblée nationale ont décidé de lever le ton face à l’indifférence de l’exécutif provincial. Un diagnostic sans complaisance a été fait avant d’établir les responsabilités et chuter par des recommandations.

Très sévères envers eux-mêmes d’abord, puis envers le bureau de l’Assemblée nationale qui gèle certaines initiatives parlementaires des députés en termes de contrôle des membres de l’Exécutif et, enfin, envers leurs électeurs, les députés nationaux, élus de Kinshasa, ont déploré beaucoup de difficultés que traverse leurs quatre circonscriptions électorales, notamment dans le secteur des infrastructures, de la circulation routière, de l’insécurité, des constructions anarchiques, de la spoliation des biens immeubles des faibles par un réseau maffieux appelé communément « Folio », constitué des magistrats, des juges, des avocats et des agents des Affaires foncières pour fabriquer des jugements en vue d’exproprier les faibles qui sont, d’une manière générale, des veuves et des orphelins.

Introduisant cette réunion, le premier vice-président a indiqué que Kinshasa présente l’image d’un far west où il y a absence de l’autorité de l’Etat à travers les embouteillages qui créent une insécurité sur les voies publiques. A ce niveau, l’élu de Mont-Amba a déploré le non-respect du Code de la route par les autorités politico-administratives, militaires et policières. Ce qui conduit la population à emboiter le pas aux autorités.

Jean-Marc Kabund a cité l’exemple d’un officier de l’armée qui a brûlé un feu rouge alors que tout 1er vice-président de l’Assemblée nationale qu’il est, il s’est arrêté. Plusieurs fois, il a constaté les ministres, les autorités politiques, policières ou militaires violer le sens unique. Personne ne respecte la police. Et pourtant, dans d’autres pays d’Afrique, la levée du doigt d’un policier est obéie à la lettre ; tandis que chez nous, il est des usagers de la route, non seulement qu’ils n’obéissent pas aux ordres des policiers, mais qui se permettent de porter la main sur eux. Plus grave, lorsque le conducteur auteur de la contravention est interpellé, il est des autorités qui exercent le trafic d’influence pour sa libération au point de réduire la force de l’Etat qui exercée par ses agents de l’ordre.

Poursuivant son speech, le 1er vice-président de l’Assemblée nationale a également dénoncé les constructions anarchiques sur les lits des rivières, les emprises publiques, dans l’indifférence totale et/ou avec la complicité de l’autorité établie. Quand il y a inondations, les victimes ne s’adressent ni au gouvernement central ou provincial, mais aux députés qui doivent ponctionner leurs maigres moyens pour voler au secours des sinistrés.

Abordant la question relative aux marchands ambulants, l’honorable Jean-Marc Kabund s’est indigné du fait que de bout en bout, Kinshasa a été transformé en un grand marché sale avec des marchés pirates. Les structures montées par le gouvernement provincial semblent avoir été mises en place pour piller les caisses du Trésor public. C’est notamment l’opération Kin-Bopeto dont les actions ne sont menées que sur les artères principales. C’est un cheval blanc pour piller l'Etat congolais.

Par ailleurs, l’honorable Jean-Marc Kabund a révélé qu’il existe un réseau maffieux constitué de certains magistrats, juges, avocats et agents des Affaires foncières, qui s’évertuent par la fabrication des jugements tendant à spolier les biens immobiliers des faibles dont principalement les veuves et les orphelins.

« Il faudrait que les choses changent, a-t-il conclu. Bien que les élus de Kinshasa ont estimé qu’il faut, au préalable, inviter les responsables à différents niveaux pour les entendre pour qu’ensemble, ils réfléchissent sur les pistes des solutions.

Liévin LUZOLO

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