RDC : la fin des exportations des matières premières stratégiques annoncée

AFP VIA GETTY IMAGES

La nouvelle a été annoncée la semaine dernière par le Ministre de l'Industrie Julien Paluku Kahongya. Ceci sera selon lui possible avec avec la tenue à Kinshasa capitale de la République Démocratique du Congo (RDC) du 24 au 25 novembre prochain du DRC-Africa Business Forum sur le développement d'une chaîne de valeur régionale autour de l'industrie des batteries et véhicules électriques et des énergies renouvelables grâce au cobalt et lithium.

À l'issue de ce forum, la RDC attend mettre en place des unités de fabrication de véhicules électriques à l'aide de ses réserves de lithium, de manganèse ou du cobalt, pour ainsi commencer la transformation des matières premières dans le pays.

Julien Paluku a, à cette même occasion annoncé la fin du moratoire de 3 ans accordé aux entrepreneurs, avant le début de la transformation des minerais localement.

"On avait accordé un moratoire de trois ans aux entrepreneurs et aux investisseurs pour qu’au-delà de ces trois ans, la RDC commence à transformer elle-même ses propres minerais. Et les trois ans sont arrivés à terme cette année 2021", a-t-il dit au cours de sa conférence de presse du 03 novembre dernier.

Pour lui, "ce qui est paradoxal est que la RDC fournit environ 80% du cobalt utilisés dans la fabrication des batteries, composant essentiel des véhicules électriques (VE) et nécessaire pour le stockage d'énergie dans les systèmes solaires et éoliens mais n'est nulle part répertorié comme créatrice de valeur. Le pays ne tire donc qu'une infime partie soit environ 0,001% du marché des batteries, des véhicules électriques et des énergies propres".

Par ailleurs, si les autorités congolaises veulent en finir avec les exportations des minerais bruts, le flou persiste encore sur comment vont-elles mettre en place des filières industrielles lourdes dans un temps bref.

À en croire le site internet de la radio allemande Deutsche Welle(DW), "une date toutefois laisse apparaître que le projet n’est pas pour demain : Kinshasa affirme que « au cours des dix prochaines années », environ 145 millions de véhicules électriques pourraient être fabriqués à partir de minerais issus de RDC. Mais sans expliquer comment".

Cependant, plusieurs experts doutent de la capacité du gouvernement congolais à bloquer les exportations ou à mettre à en place à court terme des sites de production.

"Nous sommes habitués à ces politiciens qui ne font que parler et dont les actions sont souvent le contraire de ce qu'ils ont dit. Je n'y accorde aucune confiance tant que je ne vois rien. Nous avons jusqu'ici des dirigeants qui restent irresponsables par rapport à leur rôle. C'est ce qui fait que le Congo ne se développe pas", a expliqué à la DW le professeur Nkere Ntanda de l'Université de Kinshasa.

Avec DW

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