RDC : la campagne CNPV exige la publication du contrat de production des passeports signé avec Locosem

Les passeports ordinaire, de service et diplomatique congolais. Ph de tiers.

Dans son message des voeux parvenu à election-net.com ce vendredi, 15 janvier 2021, l’organisation non gouvernementale, le Congo N’est Pas à Vendre a exigé de la ministre congolaise des affaires étrangères, Marie Tumba Nzeza, la publication du contrat de production des Passeports biométriques signé entre la République Démocratique du Congo, RDC et la firme belge Locosem afin de permettre à la population de se faire une idée sur ce dossier dont il n’hésite pas de soupçonner une certaine opacité.

Ci-dessous, l’intégralité du communiqué

RDC : Les années se succèdent mais la corruption prospère. Que 2021 soit le début d’une nouvelle ère dans la lutte contre la corruption

Le Congo n’est pas à vendre.
Kinshasa le 14 Janvier 2021
Les organisations membres de la campagne le Congo n’est pas à vendre (CNPAV) souhaitent à l’ensemble du peuple congolais ainsi qu’à tous les partenaires et amis de la RDC des vœux de bonheur et de joie pour la nouvelle année. En effet la Covid-19 a été un véritable poison pour l’an passé et avec lui la corruption a prospéré. Le CNPAV espère que l’année 2021 marquera le début d’une nouvelle ère, non seulement du combat contre la pandémie mais aussi de la mobilisation de tous pour combattre efficacement la corruption.
Le CNPAV remercie la population congolaise, les journalistes, les partenaires de la RDC, et l’ensemble des activistes qui l’ont accompagné et soutenu tout au long de l’année écoulée. Sans vous tous, la corruption aurait eu une vie plus belle dans notre beau pays. Grâce à vous, les corrompus et les corrompants ont commencé à trembler. Si votre mobilisation, notre mobilisation continue, la corruption finira par reculer.
Depuis le lancement de notre campagne contre la corruption, les organisations membres de la campagne « Le Congo n’est pas à vendre » s’inquiètent d’un phénomène dangereux, celui de la corruption des institutions de la République. Un phénomène qui touche toutes les institutions. L’utilisation de la corruption est devenue un moyen privilégié et légitime d’accession au pouvoir ou de source d’enrichissement. Nous nous trouvons ainsi dans un cercle vicieux où l’argent mène au pouvoir et le pouvoir mène à l’argent.
C’est pourquoi nous formulons le vœu en ce début d’année, de voir toute la population congolaise se lever comme un seul homme pour dire non à la corruption de nos institutions qui compromet dangereusement l’avenir de la Nation.

Au seuil de cette année, permettez-nous à la suite des congolais qui massivement ont soutenu cette campagne, de formuler le souhait de voir la fin de l’impunité des personnes corrompues dans notre pays et d’assister à l’avènement du règne de la transparence, de la redevabilité et du respect de la loi, non pas dans des discours démagogiques mais dans la pratique et la gestion de la chose publique.
C’est pourquoi nous recommandons :
-Aux autorités politiques et judiciaires d’ouvrir, conformément aux déclarations du président de la République, un dossier judiciaire sur les soupçons de corruption lors des dernières élections des sénateurs et gouverneurs ainsi que ceux observés lors de la rupture de la coalition FCC-CACH ;
-Au président de la République, de redynamiser la cour des comptes, une nécessité qui ne peut plus attendre vue la mauvaise gestion des comptes publics. Son implication personnelle est requise pour mettre fin à la corruption au sein des institutions, sinon il risque d’engager sa propre responsabilité politique ;
‘Aux responsables politiques et administratifs d’ouvrir une enquête sur les activités de Dan Gertler au Congo ; d’ordonner aux entreprises minières KCC, MUMI et Metalkol de suspendre les versements de royalties à ce dernier en attendant les conclusions de l’enquête, car cet argent est celui de la Gécamines et donc du peuple congolais ;
-Aux ministres des mines et du portefeuille, de faire publier tous les contrats des entreprises étatiques dans le secteur extractif conformément aux lois de la République et aux règles de l’ITIE ;
-Au Ministère des affaires étrangères, de rendre public le nouveau contrat sur le passeport avec Locosem, filiale du Semlex qui est sous enquête en Belgique pour corruption dans le précédant contrat passeport avec la RDC ;
-Aux partenaires extérieurs, d’accompagner la population congolaise dans son engagement contre la corruption et non à soutenir des pratiques de corruption selon leurs intérêts propres et/ou politiques.
Contacts :

Jimmy Kande :
Jean-Claude Mputu