RDC: L. Mende fustige le choix porté sur le Lingala comme langue d’apprentissage au Sankuru

Lambert Mende Omalange, député national de la République Démocratique du Congo/ photo tiers

Le député national Lambert Mende Omalanga s’insurge contre le projet de remplacer l’Otetela par le Lingala comme langue d’apprentissage au Sankuru au ministère de l’EPST.

C’est au cours d’un point de presse tenu ce lundi 15 février, qu’il a fustigé le fait que le lingala ait été choisi et plusieurs manuels à cette fin ont été rédigés en lingala alors que l’Otetela a été utilisé dans l’enseignement fondamental depuis toujours sur toute l’étendue de cette région sans problème d’aucune sorte.

« La grande majorité des ressortissants du Sankuru considère cette initiative financée par la Banque Mondiale comme une agression culturelle. » a-t-il affirmé.

L’élu du Sankuru précise que « nous n’avons strictement rien contre le lingala, mais nous nous mobilisons pour le maintien de l’Otetela comme langue de Premier apprentissage de nos enfants dans le primaire parce que nous ne voulons pas disparaître comme peuple. Cela n’aurait aucun sens. » a-t-il poursuivi.

Dans sa démarche, il estime qu’il y a eu négligence coupable auprès de la Banque mondiale dans son financement à ce projet.

« Je pense que les responsabilités sont partagées. La Banque mondiale qui est représentée en RDC a le devoir de peaufiner le programme qu’elle finance. Et une institution comme elle, ne nous a pas habitué à des choses si superficielles. Généralement, il pénètre les dossiers au fond, dans les détails parce qu’ils veulent savoir à quoi leur argent va être utilisé. » renseigne Lambert Mende.

Et de poursuivre, « pourquoi cette respectable institution dont connaît le soin à bien préparer ses interventions aux quartes coins du globe se permet de sponsoriser avec autant de légèreté cette imposition de l’apprentissage forcé du lingala dans l’enseignement fondamental dans la province entièrement Tetelaphone du Sankuru sans consulter ni associer les populations bénéficiaires dans la conception et la mise en œuvre d’un tel programme ? » s’interroge-t-il.

Ainsi, Lambert Mende fait savoir que cette initiative risque de dresser la population de cette province contre le président Félix Tshisekedi. « l’opportunité d’un tel projet en ce moment précis mérite aussi d’être questionnée. . » a-t-il dit.

Pour se faire, il rappelle que les Tetela ont hérité de leurs aïeux un esprit de résistance à toute politique sujétion. C’est ce que reflète l’axiome « Otetela keema fumbe » ( l’Otetela ne peut pas être réduit en esclave). Le Lingala et même une autre langue nationale peuvent être enseignés en option à côté de la langue officielle qu’est le français mais l’Otetela, notre langue maternelle doit demeurer la première langue d’apprentissage des enfants du Sankuru.» a-t-il conclu.

Theo Liko