RDC/Jeunesse: la désillusion !

Photo d'illustration

Ce mercredi 12 Août 2020, plusieurs manifestations en faveur des jeunes ont étés organisées aux quatre coins du pays en marge de la journée internationale de la jeunesse.

Des discours généralement remplis de toutes les bonnes intentions de la planète et des projets mirobolants devant clouer une fois pour toute la misère de cette catégorie de la population.

Des débuts prometteurs

L’histoire de la jeunesse en République démocratique du Congo est jalonnée des expériences très riches. C’est le fer de lance qui a sonné le Go du vent de l’indépendance. Patrice Lumumba, Evariste Kimba, Moïse Tshombé et les autres ténors de l’indépendance.

Ils ont été suivi par la vague de 1965 avec les compagnons du général Joseph Mobutu qui ont stoppé les remous politiques qui succédèrent à l’euphorie de la joie de l’indépendance. Un exemple répliqué par les 13 parlementaires qui fragilisèrent la dictature du Maréchal Mobutu pour introduire le pays dans les délices du multipartisme.

La décadence

Les quatre dernières décennies ont été une véritable descente aux enfers du fer de lance de la nation qui est la jeunesse.
De nombreux jeunes non payés et clochardisés, souvent non qualifiés et ne sachant jouer que le rôle des marché-pieds pour des leaders

Un diagnostic faussé

Avec une monotonie désolante, dans une rumination fatigante où les mêmes thèmes, les mêmes constats, et les mêmes états des lieux sont usés jusqu'à la corde, les dirigeants dans avec une étonnante régularité, à décliner les mêmes stations des souffrances et à déclamer les mêmes scansions d'un calvaire indicible.

A force d'entendre le même disque et d'écouter les mêmes rythmes d'un discours toujours recommencé face auquel rien de décisif ne paraît avoir été tenté pour enrayer le mécanisme d'une descente aux enfers toujours plus vertigineux, la RDC s'habitue déjà aux malheurs et au désespoir de sa jeunesse.

Chez les élites gouvernantes comme parmi les forces sociales chargées de promouvoir l'imagination créatrice et de lancer des initiatives nouvelles, tout donne l'impression de sombrer dans l'impuissance face aux attentes et aux quêtes des franges montantes de nos populations. Un effet d'accoutumance à une situation inacceptable tétanise différents gouvernements qui se sont succédés à la tête du pays.

On parle de plus en plus des jeunes et de leur condition pour masquer le fait que rien de fécond n'a été radicalement fait pour changer l'ordre des choses.

C’est eux les «dya lelo, talibans» transporteur des drapeaux dans les manifestations publiques pour permettre aux partis politiques de bomber les torses de la capacité à mobiliser la rue, la rue qui se confond avec cette jeunesse . Aucun parti ne peut se tirer du banc des accusés. Et quand vient le moment du partage du gâteau, ce sont les vétérans, les vieux loups qui se targuent d’une expérience dans la gestion de la Res publica.

Vraies problèmes fausses solutions

Plus grave encore : ces jeunes veulent élever la voix pour résister au désespoir et forcer les pouvoirs publics à s'occuper de la situation qui leur est faite et qui n'a d'autre horizon que la mort, ils ne trouvent pas d'oreille attentive à leurs doléances, ni une quelconque sensibilité à ce que signifie vraiment la violence et
la furie destructrice qui s'emparent d'eux dans les turbulences sociales.

Les autorités écrasent souvent dans le sang ces revendications, ajoutant ainsi un nouveau désespoir au désespoir déjà existant. cette situation éclaire une autre structure fondamentale de l'esprit de nos sociétés face aux revendications des jeunes : l'art de donner de mauvaises réponses à des vraies questions de société.
L'art de donner de fausses réponses.


Quand l'Etat répond à la violence de la jeunesse par la violence des armes et la cruauté de l'ordre public, il y a manifestement là fausse réponse à une vraie question. Lorsqu'on fait recours aux balles réelles quand les enfants affamés et désespérés cherchent violemment du pain, on se trompe manifestement de but et d'enjeu. C'est cela que beaucoup de gouvernements sont tentés de faire.

Chris Lumbu