RDC/Insécurité à l'Est : Voici pourquoi le Collectif des Anciens Présidents des chambres du parlement n'ont pas évoqué l'état de siège dans leur déclaration

Le professeur député national, Aubin Minaku. Ph de tiers.

Gouverneurs militaires, limitations des rassemblements, perquisitions à tout moment s'il le faut, etc, la décision du président Tshisekedi de décréter l'état de siège dans les provinces du Nord-Kivu et Ituri, est entrée en vigueur ce jeudi 6 mai pour une durée de 30 jours. Ce, conformément à l'ordonnance prise par le Chef de l'État.

L'opinion tant nationale qu'internationale a réagi face à cette décision du Chef de l'État. Sur le plan national, un point de presse conjoint gouvernement-Armée-Police a été tenu pour expliquer à la population ce qu'est ce. Patrick Muyaya, ministre de la communication et Médias, le général Léon Kasonga, porte-parole de l'armée et le colonel Mwanamputu, porte-parole de la Police ont, chacun à son tour, éclairer la lanterne de l'opinion.

Les trois personnalités ont, en conclusion, appelé les différentes couches sociales à soutenir la décision de Félix Tshisekedi, pour enfin éradiquer les forces négatives.

De leur côté, le collectif des anciens présidents des chambres du parlement de la RDC ont, à travers une déclaration faite jeudi dernier à Kinshasa, apporté leur soutien aux institutions nationales, afin de ramener la paix dans la partie orientale de la RDC.

Aubin Minaku, Olivier Kamitatu, Philomène Omatuku, Laurent Monsengwo, Léon Kengo Wa Dondo, Evariste Boshab, Thomas Luhaka et Alexis Thambwe Mwamba, tous anciens présidents soit du sénat ou de l'assemblée nationale ont recommandé ce qui suit :

  • À la population, de soutenir les efforts du Gouvernement à ce sujet ;
  • À la Société civile, de mobiliser et sensibiliser la population à collaborer avec l'État pour éradiquer ce fléau.
  • À la Communauté nationale et internationale, d'appuyer les efforts du Gouvernement congolais pour que cessent ces atrocités.
  • Et à la Communauté sous-régionale (pays voisins), d'appuyer notre pays en logistique pour que la paix revienne à l'Est de la RDC.

Le pourquoi du silence sur l'état de siège

Cependant, les journalistes sur place, lors de la déclaration de ces personnalités sur la sécurité à l'Est, ont cherché à savoir le pourquoi du silence du collectif sur l'état de siège décrété par le président de la République.

Le collectif, était-il contre la décision du Chef de l'État jusqu'à ne pas faire allusion dans leur déclaration ? L'état de siège, est-ce l'objectif de la déclaration de ces anciens présidents des chambres du parlement ?

"Tel n'est pas l'objectif de la déclaration"

Face à toutes ces questions, le professeur député national, Aubin Minaku a expliqué que l'objectif de leur déclaration n'était pas de donner un point de vue sur la décision du Chef de l'État. Mais aussi, qu'il ne revenait pas au Collectif de réagir à cette décision du Chef de l'État.

"Il est bien évident que chacun de nous peut avoir un point de vue personnel lié à sa sensibilité politique. Mais tel n'est pas l'objectif de la déclaration du collectif des anciens présidents des chambres du parlement", a répondu le professeur député national, Aubin Minaku.

Il a également précisé que, cette déclaration a été conçue et signée bien avant la décision du Président de la République, c'est-à-dire, du 28 au 30 avril 2021.

"Nous ne pouvons que souhaiter vivement, que l'option levée par le président de la République, puisse réussir, puisse aider le gouvernement de la République à mettre fin, une fois pour toute à ces exactions massives, à ces crimes internationaux perpétrés depuis de longues années à l'est de la République Démocratique du Congo", a conclu le professeur Aubin Minaku.

Liévin LUZOLO