RDC: Grande incertitude autour de l’élection présidentielle

Un échantillon de la machine à voter. Ph de tiers.

À 30 mois de l'élection présidentielle et législative en République Démocratique du Congo, en principe prévue en 2023, le pays est encore dans l’incertitude sur sa tenue même et la pression monte pour assurer l'intégrité de ce scrutin où, plusieurs réformes sont nécessaires, notamment celles liées « au fichier électoral, aux modes de scrutin, au financement des partis politiques, aux contentieux électoraux et à l'accès aux médias ».

Alors que des voix s’élèvent au sein du parti du président Félix Tshisekedi pour conditionner la tenue des prochains scrutins par le recensement général de la population, ce qui devrait retarder l’échéancier, mais comme certains parlementaires, l’Église catholique, la société civile, y sont opposés, l’issue de ce scrutin demeure incertain. 

Pour le député national Delly Sesanga par exemple, la reforme électorale "est de plus en plus compromise au rythme où se déroule la session parlementaire de mars 2021". Fait-il savoir, estimant irréalisable de penser terminer la loi de la commission électorale (CENI) et procéder à sa mise en place.

"2023 de plus en plus incertain" a écrit le député Sesanga dans un tweet publié mardi 11 mai.

La Commission Électorale Nationale Indépendante (Ceni) dont les responsables sont arrivés au terme de leur mandat depuis juillet 2019, est accusée par l'opposition d'avoir « fabriqué » des résultats en décembre 2018, en proclamant le président Tshisekedi vainqueur de la présidentielle et les forces politiques de son prédécesseur Kabila. Le président Tshisekedi avait alors demandé à l'époque que le choix d'un nouveau président de la Ceni « soit conduit dans un esprit de consensus, d'apaisement et dans le strict respect des règles ».

Cependant, depuis juillet 2020, aucune avancée n'a été réalisée dans le processus de désignation des nouveaux membres du bureau de la Ceni qui doivent provenir des partis politiques et de la société civile.

Récemment, devant le Conseil de sécurité, la nouvelle envoyée de l’ONU en République démocratique du Congo (RDC) avait appelé l’exécutif congolais à saisir les opportunités qui se présentent alors que le pays est à 30 mois des prochaines échéances électorales.

Elle avait notamment rappelé la nécessité pour le nouveau gouvernement d’agir rapidement sur plusieurs priorités communes aux Nations Unies à savoir la réforme de l’armée et de la police ; la prise en main de la protection des civils ; le désarmement, la démobilisation et la réintégration des combattants ; le renforcement de la justice, notamment transitionnelle ; et le début des préparatifs des élections de 2023.

Nelly E.