RDC : Félix Tshisekedi, pour un Gouvernement de missions, (Tribune de Léon Madubu)

Léon MUDUBU, Coordinateur Adjoint de l'organisation non gouvernementale de lutte contre la corruption, "Pour construire", photo tiers

La République Démocratique du Congo reste suspendue à l'annonce des résultats des consultations de l'informateur nommé par le chef de l'État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo pour l'identification d'une nouvelle majorité parlementaire en vue de la mise en place d'un nouveau Gouvernement.

Dans l'entre-temps, le débat progresse au sein de la société où chaque acteur tente de proposer ses pistes de solutions en vue d'amorcer le développement du pays. C'est le cas de Léon MUDUBU, coordinateur adjoint de l'organisation non gouvernementale de lutte contre corruption, "Pour Construire" a, à travers une tribune parvenue à election-net.com, a ciblé quelques ministères qui doivent être gérés par des technocrates.

Proposition au Président de la République sur la mise en place d’un Gouvernement de mission

La perspective actuelle d’un nouveau gouvernement en RDC suscite énormément d’espoirs et d’appétits. La nomination d’un informateur engage véritablement le processus de renouvellement des acteurs politiques qui seront réellement dans le dos du Président de la République pour réaliser enfin sa vison. Mais cet espoir s’assombrit au vu des appétits dans le chef des acteurs spécialistes de la politique politicienne au pedigree parfois peu recommandable, mais pourtant partie composante de l’Union Sacrée pour la Nation. Les efforts actuels du Président sur l’Etat de droit et la lutte contre corruption sont louables et doivent continuer.

Il est pourtant clair que l’objectif du Président de la République est de relancer l’économie, de retrouver une santé financière, de soulager la population et d’augmenter substantiellement les investissements nécessaires aux infrastructures. Pour ce faire, penser à une recomposition gouvernementale des mêmes acteurs politiques, qui pour certains, ont montré durablement leur manque de valeur ajoutée va surement compromettre le mandat politique actuel. Un slogan ne suffit pas à changer intrinsèquement des hommes au parcours, aux idées et aux aspirations aussi éclectiques.

Que faire pour sauver la République ? Nous devons repenser autrement la gestion gouvernementale, surtout que pour les 3 ans restants, les résultats se doivent d’être probants car la population attend avec impatience les retombées. En cas d’échec, toute la classe politique risque fortement et indistinctement d’être renvoyée dos à dos après 60 ans d’atermoiements et d’échecs. Pour ce faire, un gouvernement doté d’une équipe substantielle de technocrates désintéressés politiquement à des postes techniques clés, avec des objectifs opérationnels quantifiables, sur des échéances clairement définies, pourrait sauver tout le monde politique actuel d’une déchéance inéluctable aux yeux de la population. La souffrance actuelle de la population, accentué par la crise du Covid-19 rendra encore plus intolérant un nouvel échec des acteurs politiques et une souffrance plus longue.

A ce propos, il conviendrait que le chef du Gouvernement qui sera choisi soit un technocrate, ainsi qu’au minimum 7 ministres clés qui sont : (i) Finances, (ii) Budget, (iii) Energie, (iv) Mines, (v) PT&NTIC, (vi) Economie, (vii) Portefeuille. Ces choix pourront porter sur des personnes avec une expertise avérée et vérifiable, une bonne réputation, une expérience éprouvée et sans couleur politique. C’est réellement un gouvernement de mission dont a besoin le Président de la République afin de relever son mandat. Mieux encore, ces ministres pourront être accompagnés dans leurs fonctions par des cabinets conseils spécialisés, qui apporteraient le support au quotidien, mais également crédibiliserait l’action gouvernementale pour la mobilisation des fonds chez les bailleurs.

Les acteurs politiques auront toujours leurs rôles à jouer dans le suivi des actions du Gouvernement au Parlement, dans l’accompagnement nécessaire des autres institutions concernées. En toute objectivité, la Présidence devrait accorder une confiance sans faille à l’équipe gouvernementale désignée. C’est à cette condition et à cette seule condition que nous entrevoyons un éclairci économique dans les deux ans à venir. La cohésion et l’alignement politique est nécessaire à un pilotage sûr d’un gouvernement, mais ceci prend un temps de maturation plus long. Il est plus que nécessaire de compenser ce handicap dès le départ afin de gagner le pari de 2023 !

Fait à Kinshasa, Le 13 janvier 2021
Professeur Léon MUDUBU KONANDE
Coordonnateur Adjoint.