RDC/ Exploitation minière : KCC, TFM..., ces multinationales au cœur du scandale

Des enfants associés aux mines à Kolwezi Ph. Enet/Stanislas L

Dans leur rapport intitulé "la route de la ruine ? Les véhicules électriques et les violations des droits des travailleurs dans les mines industrielles de cobalt en RDC", rendu public le mardi 09 novembre 2021 consulté par election-net.com, l'organisation de surveillance des activités des sociétés basées au Royaume-Uni, Rigths and Accountability in Development(RAID), et le Centre d'Aide Juridico-Judiciaire (CAJJ), un centre d'aide juridique congolais spécialisé dans le droit du travail, dénoncent les bas salaires, la discrimination et la violence physique dans les sociétés multinationales exploitant de manière industrielle le cuivre et le cobalt.

Parmi ses points clés, le rapport note que "les sociétés minières multinationales qui exploitent les minerais affirment que leur cobalt est "propre" et non associé à des atteintes aux droits humains. Mais les recherches menées dans cinq des plus grandes mines de cobalt révèlent une exploitation généralisée de la main-d'œuvre et des violations des droits des travailleurs".

Ce rapport révèle aussi que "les travailleurs ont indiqué qu'ils étaient soumis à un temps de travail excessif, à des traitements dégradants, à des violences, à des discriminations, à du racisme, à des conditions de travail dangereuses et à un non-respect de la couverture santé de base.

Ils ont décrit avoir été frappés, battus avec des bâtons, insultés, tirés par les oreilles ou qu'on leur criait dessus".

Selon toujours ce document, "le recours à des sous-traitants pour recruter la main-d'œuvre est au cœur du problème".

"Au total, 57% des 26 455 travailleurs dans les cinq mines sont recrutés par le biais de sous-traitants plutôt que d'être embauchés directement par les sociétés minières", fait savoir le rapport.

Et d'ajouter :

"Des nombreux travailleurs ne gagnent pas le salaire de substance de 402 USD par mois, c'est-à-dire la rémunération minimale pour garantir un niveau de vie décent. Environ 63% des travailleurs interrogés recrutés via des sous-traitants touchaient des salaires extrêmement faibles, souvent bien inférieurs au salaire de substance, et ont fait part de leur désespoir de ne pas pouvoir sortir de la pauvreté".

Les personnes interrogées par les chercheurs de ces organisations ont, à en croire ce rapport, "indiqué que, selon elles, les sociétés minières utilisaient délibérément des sous-traitants pour réduire les coûts de la main-d'œuvre et limiter leurs responsabilités légales".

Cependant, "les inspecteurs du travail congolais semblent dans l'incapacité de traiter les abus généralisés. La région de Kolwezi, où sont situées les principales mines de la République Démocratique du Congo, ne compte que deux inspecteurs aux ressources limitées", renseigne le rapport.

Il sied de signaler que ces recherches ont été menées durant 28 mois. Elles ont été concentrées sur cinq des plus grandes mines de cuivre et de cobalt au monde se trouvant en République Démocratique du Congo (RDC) et détenues ou exploitées par des sociétés minières multinationales qui, à elles seules, ont produit près de la moitié de l'approvisionnement mondial de cobalt en 2020. C'est notamment, Kamoto Copper Company(KCC) de Glencore, Metalkol RTR de Eurasian Resources Group, Tenke Fungurume Mining (TFM) de China Molybdenum, Société minière de Deziwa(Somidez) de China Nonferrous Metal Mining Company(CNMC), dont la compagnie minière publique congolaise Gécamines détient 49% des parts, et Sino-congolaise des mines(Sicomines), une coentreprise entre Gécamines et un consortium de sociétés et d'investisseurs chinois.

Kilikumbi Lusumbasumba Isaac

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *