RDC/État de siège : Regards croisés de Patrick Muyaya, Elvis Mutiri, Stewart Muhindo

Des militaires de FARDC au front à l'Est.

L’émission Le Débat Africain de Rfi a servi de tribune le samedi 3 juillet 2021 au ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya, au député national (élu de Goma), Elvis Mutiri wa Bashara ainsi qu’à l’activiste du mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha) Stewart Muhindo, pour faire le bilan de l’Etat de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, deux mois après la prise de cette décision par le chef de l’Etat Félix Tshisekedi.

Invité le premier à donner ses impressions par Alain Foka, Elvis Mutiri a d’entrée de jeu, dit qu’il y avait une nette amélioration de la situation sécuritaire, notamment au Noird-Kivu. L’ancien homme de media reconverti en politique justifie sa prise de position par le fait qu’un mois après l’instauration de l’Etat de siège, à la suite de «la sensibilisation du gouvernement militaire, ainsi que des acteurs sociaux, des députés, des appels de la société civile, plusieurs bandes armées, ont rendu les armes. Et cette action a été combinée bien sûr par la pression militaire exercée.»

Elvis Mutiri ne s’arrête pas en si bon chemin. Paraphrasant les autres députés nationaux du coin, il signale que mêmes les opérateurs économiques reconnaissent une certaine embellie de leurs activités.

Quand bien même, il aurait reconnu qu’avec la nouvelle administration, il y a eu des opérations militaires remarquables qui ont abouti à la reddition de certains groupes armés dans le Masisi et dans le Sud Lubero, Stewart Muhindo, a déploré le fait qu’il manque un plan de démobilisation et de réinsertion de tous les miliciens qui quittent les groupe armés.

«Je suis d’accord, qu’il y a eu des opérations militaires qui ont contribué à la reddition de groupes armés, mais les tueries se sont poursuivies», a-t-il soutenu.

Outre les tueries, Stewart Muhindo a aussi dénoncé les violations de droits de l’homme ainsi que les restrictions civiques. Bref, il y a de plus en plus des abus à l’Est du pays.

«Déjà un député de l’Ituri a été arrêté pour outrage, juste pour avoir critiqué l’action du président de la République», a-t-il lâché.

Stewart Muhindo a aussi estimé que l’Etat de siège n’avait pas sa raison d’être du fait que l’on en a pas besoin pour mener des actions militaires. Il a en outre soutenu que cette situation a fait que les compétences judiciaires dévolues aux juridictions civiles ont été confiées aux cours et tribunaux militaires au grand dam de la population.

«Trois juridictions militaires vont couvrir tous les dossiers qui étaient traités par douze juridictions civiles. C’est impossible», s’est-il plaint.

Guykas Kilembwe

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