RDC / Elections : le mouvement citoyen Lucha exige le retour au deuxième tour pour la présidentielle de 2023

Jacques Issongo, porte-parole de la Lucha entouré de ses collègues à Kinshasa/ photo Enet Théo Liko et Inès Ifwanga

Le mouvement citoyen Lutte pour le Changement, Lucha vient de rendre public son agenda citoyen pour l’horizon 2023. Dans cette feuille de route, elle prévoit notamment d’accentuer la pression sur les autorités Congolaises afin de les contraindre d’organiser les élections dans le délai constitutionnel en restaurant le deuxième tour pour la présidentielle.

La Lucha qui dénonce en outre la politisation de la Commission Electorale Nationale Indépendante consacrée par la nouvelle loi promulguée par le chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo estime que ce dernier n’a pas tenu compte de ses propres engagements.

Ci-dessous, l’intégralité de la déclaration transmise à election-net.com

Plus de deux ans et demi après les élections largement contestées et près de huit mois après la mise en place de l’Union sacrée pour la nation, la RDC peine à se relever.

La corruption, l’instrumentalisation de la justice, la violation de la constitution et des lois, celle des libertés individuelles et collectives continuent malgré les engagements du président de la République à y mettre fin.

Aujourd’hui si la nouvelle classe politique s’enrichit et bénéficie des nombreux
avantages, la population continue quant à elle à croupir dans la misère.

D’après l’Unicef, en 2021, plus « de 3.3 millions d’enfants de moins de 5 ans souffrent de
malnutrition » alors que le pays jouit d’énormes ressources agropastorales
inexploitées, le peu de revenu disponible étant dépensé essentiellement pour soutenir le fonctionnement des institutions. Cela donne une forte impression que
nous faisons face à une république de l’élite politique prédatrice où le peuple est
complètement laissé pour compte.

En outre la cohésion nationale est mise à mal à cause de l’instrumentalisation du fait tribal et ethnique par des politiciens préoccupés uniquement par la conservation et/ou la conquête du pouvoir.
Sur le plan sécuritaire, plus de soixante jours après la mise en place de l’état de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, la situation sécuritaire peine à se stabiliser et la liste des victimes ne cesse de s’allonger.

Aujourd’hui l’avenir paraît incertain, les risques d’une crise majeure ne sont pas
écartés et contrairement aux engagements pris en faveur d’un processus électoral
inclusif, transparent, indépendant et consensuel, nous avons assisté à l’adoption et la
promulgation d’une Loi sur la CENI qui consacre la politisation de cette institution d’appui à la démocratie d’une part et qui tue son principe fondateur de l’indépendance d’autre part. Cette loi qui n’a pas tenu des comptes des contributions de la Société civile et des engagements du Chef de l’Etat plante le décor d’une institution politisée et dominée par la Majorité, germe des conflits à venir.

Ces derniers mois la Lucha, les églises, plusieurs organisations de la Société civile et certains partis politiques n’ont cessé d’appeler à un ressaisissement de la classe politique sans être entendus. L’heure est grave et si nous n’agissons pas maintenant, les mêmes causes produisant les mêmes effets, notre beau pays risque de rebasculer dans des crises politico-sociales majeures comme par le passé.

C’est pourquoi nous lançons un appel solennel à toutes les forces vives de la nation :
Eglises, société civile, entrepreneurs, fonctionnaires, syndicats, mouvements des
femmes et des jeunes, acteurs politiques conscients à se lever et à unir nos efforts pour préserver notre pays du chaos en imposant un AGENDA CITOYEN à la classe dirigeante.

Cet agenda doit être articulé autour de quatre piliers suivants :

• Le respect et la soumission à notre constitution notamment en mettant fin à
l’instrumentalisation de la justice à des fins politiques et à la caporalisation des
institutions parlementaires au niveau national et provincial,

• L’organisation dans les délais, des élections libres, inclusives, crédibles et
transparentes avec une CENI fortement dépolitisée et indépendante et en
réintroduisant le deuxième tour des élections présidentielles conformément au programme et l’engagement du chef de l’Etat,

• Résoudre durablement la crise sécuritaire dans l’est de la RDC et mettre en place
un programme d’assistance et d’accompagnement des victimes et l’instauration d’un mécanisme de justice.

• La lutte contre la corruption, la réduction de train de vie de l’état et réorienter ces ressources vers les projets visant à améliorer le social de la population.

Ce front pour un agenda citoyen ne sera gagné que par un véritable sursaut national et une remobilisation de la nation toute entière autour des valeurs démocratiques et de bonne gouvernance pour notre vivre ensemble. Dès la semaine prochaine, nous annoncerons une vaste campagne de mobilisation à laquelle nous invitons d’autres forces vives du pays à se joindre. Ces mobilisations citoyennes vont se poursuivre jusqu’à ce que les vraies préoccupations du peuple soient prises en compte par les décideurs.

Fait à Mbuji-Mayi, le 09 juillet 2021

Pour la LUCHA

Cellule de communication

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