RDC: Des ouvriers Congolais maltraités par leur patron Chinois

Des salariés de l'entreprise Majengo. Ph. Tiers

Coups, insultes, journées interminables… Pour les employés de Majengo, une entreprise chinoise de construction en bâtiments et travaux publics en République Démocratique du Congo, le quotidien ne semble pas être tout rose. Pour dénoncer ces conditions de travail déplorables, des voix s’élèvent.

Dans cette entreprise de construction chinoise, être fouetté au travail ou engueulé grossièrement est le sort réservé aux employés congolais qui refusent d’exécuter un ordre donné par leur patron.

L’image filmée et publiée par la page Facebook “Reso 100fil Congolais” le 30 juin 2021, qui montre deux personnes, un Congolais et un Chinois en train de se bagarrer sur le chantier de construction d’une nouvelle usine d’exploitation de cuivre dans la commune de Fungurumé, pour le compte de Tenke Fungurumé Mining, a été vue 10 000 fois et partagée 1 500 fois sur les réseaux sociaux, selon les Observateurs de France 24.

Sur la toile, les avis sont partagés sur la vidéo qui a circulé. “Comment un employé peut-il accepter cela sans se révolter ?”, s’interroge un internaute sur facebook.

Dans son propre pays, il est maltraité par un étranger” affirme un autre internaute tandis que le troisième estime que “les Chinois ont eu beaucoup de pouvoir dans ce pays au point de marcher sur les Congolais“.

D’après les Observateurs, l’incident date en effet du même jour que celui de la publication sur Facebook, cependant, il ne se déroule pas à Kolwezi.

La scène s’est produite à plus de 100 km, sur le chantier de construction d’une nouvelle usine d’exploitation de cuivre pour le compte de Tenke Fungurumé Mining, l’un des plus grands producteurs mondiaux de cuivre et de cobalt, détenu depuis 2018 à 80 % par China Molybdenum.

Humiliations et coups

C’était tôt le matin. Le superviseur chinois que vous voyez dans la vidéo donnait un ordre à mon collègue qui a refusé de s’exécuter. Le ton est monté. Le Chinois a tenu des propos discourtois. Et ils en sont venus aux mains.

L’ambiance était déjà un peu tendue sur le chantier. La semaine précédente, il y avait eu un mouvement de grève de deux jours le 25 et le 26 juin lié à des questions de prime. L’entreprise Tenke Fungurumé Mining pour laquelle nous construisons l’usine a offert un bonus de 250 dollars (environ 210 euros) à chaque ouvrier du chantier. Mais au lieu de cette somme, les responsables de Majengo, qui sous-traite la construction du chantier, ont diminué la prime à 55 dollars (environ 47 euros). Nous n’étions pas contents. Nous avons négocié pour ramener la prime à 100 dollars (environ 85 euros). Mais des frondeurs ont été suspendus pendant une semaine. L’atmosphère sur le chantier était un peu morose. 

Ils nous traitent de macaques

C’est très difficile de travailler avec les Chinois. Ils nous font travailler au-delà des huit heures réglementaires. Nous n’avons pas droit aux congés payés. Les absences sont défalquées des salaires à la fin du mois. Et surtout, les supérieurs Chinois nous méprisent et profèrent des insultes. Ils nous traitent de macaques. Ce qui passe très mal sur le chantier.” a déclaré l’un des témoins de la scène qui a requis l’anonymat.

Nelly E,

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