RDC/ Contrôle de la cour constitutionnelle: Lambert Mende, "...J'ai été convoqué par l'autorité morale pour m'en expliquer..."

Autorité morale du FCC Joseph Kabila à gauche et Lambert Mende député national à droite. Ph Tiers

Lambert Mende, ancien porte-parole du gouvernement sous la présidence Kabila et député élu, indigné de la situation de 5 juges pro-Kabila à la Cour de cassation.

Dans une conversation téléphonique ce week-end, Lambert Mende n'a pas seulement condamné, mais aussi fustigé la démarche de l’un de ses députés qui a signé la prise à partie sans l'aval de son chef hiérarchique.

Ceci vient après que l'élu de Sankuru ait reçu une blâme de la part de son Chef direct et autorité morale du Front Commun pour le Congo, Joseph Kabila Kabange alors que selon lui "faire tomber les 5 juges pro-Kabila pourrait faire en sorte que le CACH arrive à contrôler complètement cette cour acquise jusqu’ici à Kabila"

"(…) oui Camarade, c’est quoi cette histoire de prendre à partie les juges de la Cour Constitutionnelle au nom notre parti sans même m’informer ?", interroge Mende Omalanga dans cette conversation téléphonique auditionnée ce dimanche 16 août 2020 par election-net.com.

Avant de continuer, "J’ai été convoqué hier par notre autorité morale pour m’en expliquer. On me dit qu’au nom de Mbaki Masanga, CCU et Alliés prend à partie tous les 5 juges pro-Kabila de la Cour Constitutionnelle à travers une procédure à la Cour de cassation. Et les gens du CACH veulent profiter de ça pour modifier complètement la composition de la Cour Constitutionnelle. Maintenant, c’est moi l’instrument de ça, personne ne parle de vous. On dit que Mende a changé de Camp et roule maintenant pour Tshisekedi. Tu te rends compte de ce qui me fait peur ?" a-t-il dit.

Pour le Président du CCU, membre du FCC, "on préparait une prise à partie pour confisquer la Cour Constitutionnelle en faveur de CACH et de nous l’arracher à nous le FCC. C’est quoi cette histoire ! Il faut savoir gérer le temps. Quand une affaire n’a pu se faire, on assume. Nous cherchons comment caser tout ça. Mais vouloir casser la baraque, parce qu’on a un peu de fièvre, il faut casser le thermomètre, ce n’est pas sérieux", conclut-il.

Il revient à signaler que un groupe de 31 députés nationaux du FCC, dont celui de CCU, CNC, AAA avaient introduit une prise à partie à la Cour de cassation contre 5 juges de la Cour constitutionnelle pro-Kabila, une démarche que rejette Lambert Mende Omalanga.

Une question qu'on peut se poser aujourd'hui est de savoir si au FCC tout le monde parle un même langage ? Si non, quel sera l'avenir de ce regroupement politique qui se dit partenaire du camp présidentiel alors qu'il ne le considère pas et tout se passe toujours en cache-cache.

Jean Paul Tshimanga