RDC/ "Congolité" : Noël Tshiani rafle la mise !

L'économiste international, Noël Tshiani. Ph ENET/Liévin LUZ

Encouragé par certains, critiqué par d'autres, jamais un homme n'a fait l'objet d'autant de fantasmes sur la scène politique congolaise ces dernières semaines. Né à Ngandajika au centre de la République Démocratique du Congo ( RDC), cet économiste de renommée, ancien de la banque mondiale et candidat malheureux lors de la présidentielle de 2018 est avant tout, membre de l'élite intellectuelle du pays que politique.

Noël Tshiani, le candidat inconnu

Quand il débarque en RDC pour prendre part à la compétition électorale, il est presque inconnu de la scène politique congolaise. Malgré son programme d'action déroulé sur 15 ans qu'il propose sous la forme d'un plan de développement transmandature électorale (en RDC le mandat est de 5 ans, renouvelable une fois), le "Docteur", n'a su convaincre les Congolais à adhérer massivement au "Plan Marshal" qu'il a eu à proposer.

"Congolais de père et de mère"

Retranché dans son cercle intellectuel en se livrant à des conférences de haut niveau à travers les universités, l'homme reste tout de même visible dans les réseaux sociaux où il compte des milliers de connexions avant de surgir avec une idée originale sur la nécessité de limiter l'accès à la magistrature suprême aux seuls congolais d'origines c'est-à-dire ceux qui sont issus du lien entre deux parents congolais.

Ce qui n'était qu'une simple idée prend forme quand l'intéressé franchit les portes du parlement pour y rencontrer les présidents de deux chambres.

Avec Modeste Bahati Lukwebo du Sénat et Christophe Mboso N'kodia de l'Assemblée Nationale, l'homme expose sa vision sur cette question en déposant sa proposition.

Invaincu sur les réseaux sociaux

Sur les réseaux sociaux, il s'évertue à faire passer la pilule parmi ses détracteurs. Jusque-là, le débat circule dans les salons politiques et intellectuels sans vraiment atteindre la masse populaire au moins jusqu'à dimanche dernier où la question est évoquée pour la première fois par Moïse Katumbi, le richissime homme d'affaires et président de Ensemble pour la République lors d'une conférence de presse à Lubumbashi à l'issue d'un forum de formation des cadres de sa formation politique.

"Nous n'allons pas accepter des bêtises", voilà le mot est lâché par l'un des hommes politiques les plus célèbres du pays soutenus par certains membres de son parti plutôt avec une opération dénommée " opposition sans kobanga" pour dire un combat sans peur.

À travers le pays, c'est le déferlement. Entre Tshianistes et Katumbistes. Pour Noël Tshiani, cette floraison de réactions, prouve à suffisance que la question touche aux "vrais problèmes de la société". Sur sa page Facebook et compte Twitter, il réitère ses convictions en attribuant "l'infiltration" des différents services de l'État à cette imbroglios autour de la nationalité congolaise.

Surprise attaque

Alors qu'il était considéré comme une marionnette du pouvoir par les opposants à son initiative, Noël Tshiani Muadiamvita est aussi attaqué de l'intérieur du palais.

Peter Kazadi ou encore Vidye Tshimanga, des plus proches collaborateurs du président Félix Tshisekedi sont en première loge pour fustiger l'initiative. En self man, son moral est au point. Il avoue recevoir "autant d'encouragements" qui lui font penser à l'adoption de sa proposition. Fragilisé par les caciques du pouvoir, rejeté par les Katumbistes, l'initiative du président de la "Force du changement" a-t-elle la chance de passer ? Rien n'est moins sûr, Noël Tshiani devra alors miser sur le soutien du Mouvement de Libération du Congo, de l'AFDC-A ou encore des élus du Front Commun pour le Congo qui ne se sont pas encore prononcés sur la question même s’il ne faudrait jamais minimiser les règlements de comptes au sein de ces familles politiques pour des raisons diverses.

Tshiani rafle la mise

Dans les deux cas de figures, Noël Tshiani aura gagné son pari d'autant plus que de l'outsider qu'il était, il y a quelques mois, il se tend vers une vigueur politique du premier plan. Voilà comment il rafle la mise en tirant profit de la large publicité négative ou positive dont il fait l'objet.

José-Junior Owawa