RDC: Claudel Lubaya exige une enquête sur la "modernisation" des aérogares de N'djili et Loano

Claudel André Lubaya, député national/ photo tiers

On se souviendra de ces images inhabituelles diffusées par les télévisions congolaises le 02 mai 2018 montrant l'ancien chef de l'État congolais, Joseph Kabila Kabange entouré des membres de son Gouvernement pour la pose de la première pierre en vue de l'érection d'une aérogare modulaire sur le site de l'aéroport international de N'djili à Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo, RDC.

Cet ambitieux programme destiné à moderniser les premiers aéroports du pays concernait également celui de la Loano à Lubumbashi, deuxième ville de la République Démocratique du Congo.

Plus de deux ans après, les chantiers peinent à évoluer sans que personne n'aie la moindre idée sur la cause du blocage. Dans son annonce de la semaine dernière, le ministre des Transports et Voies de Communication a fait savoir que quatre-vingt-dix pourcents (90%) des recettes générées par le GO-PASS serviront à financer le remboursement de la créance contractée par l'État congolais auprès de la banque chinoise, Exim-Bank of China pour la réalisation de ces ouvrages.

Cette annonce surprenante du ministre des Transports et Voies de Communication est largement commentée au sein de la société congolaise et particulièrement dans la classe politique du pays où beaucoup s'interrogent notamment sur le coût des travaux mais aussi sur leur arrêt malgré les fonds empruntés.

En effet, dans un communiqué publié ce 01 juin 2020, le député national élu de la circonscription électorale de Kananga au Kasaï-Central, Claudel André Lubaya estime que la justice congolaise devrait s'y pencher afin d'éclairer les zones d'ombre entourant ce dossier.

Pour l'élu, ce projet qui a coûté au trésor public 555,364,446 dollars américains en raison de 354,233,241$ pour l'aérogare de N'djili à Kinshasa et 201,131,205 $ pour celle de la Loano, à Lubumbashi dans le Haut-Katanga contient des sérieux indices de surfacturation du coût des travaux.

Pour ce faire, Claudel André Lubaya fait une petite étude de comparaison avec le chantier de modernisation de l'aérogare de l'aéroport de Maya Maya au Congo-Brazzaville qui aurait coûté moins que ceux de N'djili et de la Loano.

"…le Congo-Brazzaville n'a dépensé que 170 millions USD pour construire une aérogare à deux modules, équipée de sept passerelles télescopiques en plus d'une piste capable d'accueillir des avions de types B-747 et A-380", fait remarquer l'élu avant d'ajouter "qu'en dépit d'une créance aussi qu'onéreuse, les travaux de plus en plus hypothétiques de la nouvelle aérogare de N'djili se sont limités, deux ans après, à la production de la maquette et à la diffusion des images de la cérémonie de pose de la première pierre et sans plus, depuis le 02 mai 2018, alors qu'ils auraient déjà englouti, d'après le ministre précité, (Ndlr: Transports et Voies de Communication), 20 millions de dollars américains".

Dans son communiqué, l'ancien Gouverneur de l'ex province du Kasaï-Occidental pense que "les révélations du Ministre des transports" sont suffisantes pour enclencher une enquête judiciaire impartiale pour "établir les responsabilités sur l'utilisation des sommes perçues auprès d'Exim-Bank"

communiqué

Pour y arriver, le député national invite le Président Félix Tshisekedi à "se saisir de ce dossier pour rétablir la Nation dans ses droits".

Lors de la 33ème réunion du conseil des ministres tenue le vendredi, 29 mai dernier, le Chef de l'État congolais avait instruit son ministre de la Justice, Célestin Tunda Ya Kasende de tout mettre en œuvre pour la défense des intérêts d'une République Démocratique du Congo actuellement trainée devant des juridictions internationales.

compte-rendu

Malgré la pression exercée sur les gestionnaires de ce dossier, aucune action judiciaire n'a pu être enregistrée depuis la résurgence de la polémique.

Au moment des faits, c'est bien le Vice-premier ministre, ministre des Transports et Voies de Communication, José Makila Sumanda qui était aux commandes. Après son départ du Gouvernement Tshibala, l'homme a rejoint la chambre haute du parlement congolais où il siège depuis, en qualité de Sénateur.

José-Junior Owawa