RDC / BCC : le scandale, Félix Tshisekedi induit en erreur ?

Hôtel de monnaie de la Banque Centrale du Congo (BCC). Ph de tiers.

Le Président de la République Démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a été ” induit ” en erreur dans la nomination et renouvellement du conseil de la Banque Centrale du Congo. C’est ce que l’on peut dire de ce changement quand on observe les conséquences qui en découlent.

Pas plus qu’il y a une semaine que Félix Tshisekedi a nommé à la Banque Centrale du Congo, que le Fonds Monétaire International s’oppose déjà à certaines nominations jusqu’à demander la démission pure et simple de deux nouveaux mandataires, comme l’indique, la radio française (RFI).

Non-respect du principe de l’indépendance de la BCC?

En effet, certaines de ces nominations violent et énervent les dispositions de la LOI N° 18/027 du 13 décembre 2018 portant organisation et fonctionnement de la Banque centrale notamment en son Article 52 qui stipule que le mandat au sein d’un organe de la Banque est incompatible avec les mandats, fonctions ou statuts suivants :

  1. Mandat électif ;
  2. Membre du Gouvernement, du pouvoir judiciaire, du gouvernement provincial ou de l’exécutif d’une entité décentralisée ;
  3. Membre des cabinets du Président de la République, du Président de l’Assemblée nationale, du Président du Sénat, du Premier Ministre, des ministres et généralement d’une autorité politique ou administrative de l’État, etc.

Le blocage du FMI

Selon un analyste économique contacté par election-net.com, « il en découle que les critères de nomination des membres du Conseil de la Banque Centrale du Congo n’ont pas été minutieusement respectés et frisent la légèreté dans le traitement de ce dossier ». D’où le blocage au niveau du Fonds Monétaire International qui exige la démission de deux membres dont les statuts sont incompatibles à l’article 52. Il s’agit de André WAMESO, Administrateur (Dircaba chargé des questions financières à la Présidence de la République) et Prince LETA, Administrateur (Particulier ou Assistant du Dircab du Chef de l’État).

« Or, parmi les nouveaux administrateurs, il y a deux membres du cabinet de Félix Tshisekedi : Prince Leta Katumbi et André Wameso. André Wameso est même le directeur de cabinet adjoint du président. Or l’un des objectifs de la réforme de 2018 était de renforcer l’indépendance de la Banque centrale. La situation pose donc problème au FMI qui demande la démission au plus vite des deux administrateurs litigieux », indique RFI.

Le président Tshisekedi sous pression ?

Pour le média français qui suit le dossier de près, ces démissions devraient intervenir dans les prochaines heures pour permettre la tenue du Conseil d’administration du Fonds monétaire international cette semaine et la validation du programme.

Du côté de la Présidence de la République, « on assure que ce n’est pas un problème, que l’intention du président Tshisekedi est claire et que tout sera fait pour permettre cette signature », indique la même source.

Notez que la décision de renouveler l’équipe dirigeante de la BCC était attendue depuis 2018, pour permettre une réforme de la Banque Centrale du Congo (BCC). Avec deux proches de Kabila, à savoir Déogratias Mutombo (DG) et Albert Yuma (PCA), le FMI avait conditionné son aide à la RDC par le départ de ces personnalités, mais aussi par l’indépendance de l’institution financière nationale. C’était la dernière condition posée par le Fonds monétaire internationale pour autoriser la signature d’un programme triennal assorti de décaissement de 1,5 milliard de dollars américains.

Liévin LUZOLO

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