RDC / Ass.Nat : Mwando-Inagosi, au-delà des appartenances, un homme et une femme

Geneviève Inagosi Kasongo et Christian Mwando Simba. Ph. Montage ENET

Aucune source officielle n'a démenti l'information jusqu'à présent, la rumeur prend corps et tend à devenir réalité. À quelques heures de l'ouverture de la session extraordinaire à l'Assemblée Nationale où le chef de l'État congolais, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo et son prédécesseur Joseph Kabila Kabange tentent le tout pour le tout en vue de s'accaparer la très stratégique chambre parlementaire avec le renouvellement du bureau, deux noms émergent de l'eau pour la succession de Jeanine Mabunda au perchoir.

Si le chef de fil de l'Union Sacrée de la Nation semble avoir jeté son dévolue sur l'élu du Tanganyika, Christian Mwando Simba, son homologue du Front Commun pour le Congo lui semble se tourner vers le Haut-Uele en choisissant Geneviève Inagosi Kasongo.

Mais derrière les appartenances politiques, existent un homme et une femme.

Ancien ministre provincial des finances de la province du Katanga démembrée, Christian Mwando est tout d'abord l'un des conseillers les mieux audibles dans l'entourage de Moïse Katumbi, le célèbre homme d'affaires congolais.

Lors de la dernière présidentielle de 2018, c'est que Moïse Katumbi recommande aux finances de Lamuka, la coalition des partis politiques de l'opposition ayant porté la candidature de Martin Fayulu. Malgré la défaite de ce dernier face à Félix Tshisekedi, Mwando Simba, ce natif de la bourgeoisie congolaise ( fils du patriarche Charles Mwando Simba) est élu député national dans la province d'origine de Joseph Kabila, Tanganyika.

Ambitieux, il brigue au Gouvernorat de province en avril 2019 avant d'être battu par Zoé Kabila, le jeune frère de l'ex président avec qu'il a pris des distances dans la foulée du départ de son mentor Moïse Katumbi du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie, PPRD.

Candidat à la présidence de l'assemblée nationale, Christian Mwando est avant tout le ticket d'un Katanga divisé entre les pro et les antis Kabila. Lors de son dernier séjour à Kinshasa, Moïse Katumbi aurait largement échangé avec Félix Tshisekedi autour de la candidature de son protégé.

Homme d'expérience, Christian Mwando se présenterait comme un candidat des équilibres géopolitiques. Katangais à la tête de la chambre basse du parlement, Kasaïen à la présidence de la République et Équatorien (Jean-Pierre Bemba selon certaines sources) à la primature représentant trois zones linguistiques sur les quatre que compte le pays ( Swahili, Tshilubu et Lingala).

Ancienne star de la télévision, Geneviève Inagosi Kasongo est proche des Kabila. D'abord Jaynet. La sœur jumelle de Joseph Kabila en a fait l'une de ses meilleures compagnies grâce aux liens tissés notamment dans le cadre de la fondation M'zee Laurent Désiré Kabila.

Ex-ministre du Genre, Famille et Enfants, l'élu de Wamba dans la province du Haut-Uele bénéficie de la discrimination positive d'être une femme qui veut remplacer une autre victime. Mais malgré leur majorité numérique au sein de la société congolaise, les femmes sont sous représentées dans la chambre parlementaire pour espérer remporter la bataille sur base de cette fibre féminine.

Au-delà de leurs atouts et faiblesses, la bataille pour le contrôle de l'Assemblée Nationale reste avant tout celle de Joseph Kabila et Félix Tshisekedi. Les deux poids lourds de la scène politique congolaise sont sérieusement impliqués dans ce combat par procuration.

De ce duel de dinosaures surgira un mastodonte qui va régenter la vie politique de ces trois prochaines années jusqu'à la présidentielle de 2023. Si pour Félix Tshisekedi l'enjeu est d'avoir une majorité parlementaire qui lui est favorable afin de faire aboutir ses initiatives, Joseph Kabila voudrait quand lui, venger son humiliation causée par la déchéance de Jeanine Mabunda. Mais quoi qu'il arrive, la session extraordinaire de ce janvier restera historique à tout point de vue en République Démocratique du Congo.

José-Junior Owawa