RDC: 27,3 millions de personnes confrontées à l’insécurité alimentaire aiguë, alertent la FAO et le PAM

PAM/Tara Crossley Tshela, âgée de 5 ans, avec sa mère, après avoir reçu un traitement pour malnutrition aiguë sévère dans un centre thérapeutique, dans la région du Kasaï en RDC.

L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies, dans un communiqué conjoint parvenu ce mardi à ELECTION-NET.COM, affirment que plus de 27,3 millions de personnes (soit un Congolais sur trois) sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë en République démocratique du Congo (RDC).

« Pour la première fois, nous avons pu analyser la grande majorité de la population, ce qui nous a aidé à nous rapprocher de la véritable image de l’ampleur stupéfiante de l’insécurité alimentaire en RDC », a déclaré Peter Musoko, représentant du PAM en RDC.

Les deux organisations onusiennes alertent en citant de nouvelles données alarmantes . « Ce pays devrait être en mesure de nourrir sa population et d’exporter un surplus. Nous ne pouvons pas laisser les enfants se coucher le ventre vide et les familles sauter des repas pendant une journée entière », déplore M.Musoko.

En effet, selon la FAO et le PAM, quelque 27,3 millions de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë pendant la période de la pandémie.

La dernière analyse indique que le conflit reste une cause clé de la faim en RDC. De larges pans des provinces de l’est du pays (Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu et Tanganyika) ainsi que la région centrale du Kasaï – théâtre d’un récent conflit – sont durement touchés par les violences.

Ces dernières, citant leurs experts, souligne que la crise a été exacerbée par l’impact de la Covid-19 sur le marasme économique et l’impact socio-économique de la Covid-19 qui sont les autres facteurs clés qui aggravent cette crise de la faim dans le plus vaste pays d’Afrique subsaharienne tel que la RDC un pays déjà en proie aux conflits.

« Les conflits récurrents dans l’est de la RDC et les souffrances qu’ils entraînent restent très préoccupants. La stabilité sociale et politique est essentielle pour renforcer la sécurité alimentaire et renforcer la résilience des populations vulnérables. », a déclaré pour sa part Aristide Ongone Obame, représentant de la FAO en RDC. « Nous devons nous concentrer d’urgence sur la production de denrées alimentaires là où elles sont le plus nécessaires. La principale saison agricole approche et il n’y a pas de temps à perdre », a-t-il dit.

Par ailleurs, ils indiquent que les populations les plus touchées sont principalement les déplacés, les réfugiés, les rapatriés, les familles d’accueil et les personnes touchées par les catastrophes naturelles (inondations, glissements de terrain, incendies) ainsi que les ménages dirigés par des femmes. À cela s’ajoutent les populations les plus pauvres des zones urbaines et périurbaines et celles qui vivent dans des zones enclavées avec un faible pouvoir d’achat et un accès à la nourriture via les marchés.

A ce stade, la FAO et le PAM appellent à une intervention urgente pour intensifier le soutien aux Congolais dans les zones de crise.

Nelly E.