Pollution des rivières Tshikapa et Kasaï: cet appel de Bertin Mbuya au gouvernement congolais

L'eau polluée de la rivière Kasaï. Ph de tiers.

La pollution des rivières Tshikapa et Kasaï inquiète plus d’un. Sensibilisateur et analyste environnemental, Bertin Mbuya appelle le Gouvernement congolais à agir au plus vite pour trouver solution aux sinistrés, mais aussi à l’écosystème aquatique qui est en danger.

« On ne sait pas en quoi ces rivières ont été polluées. Ce n’est pas prudent qu’il y ait du retard. Mais peut-être qu’il y a des raisons. Il faudrait agir le plus vite possible. Les actions dans ce genre de situation sont hiérarchisées. La première des choses était d’identifier la source de cette pollution. C’est très important. Mais en dehors de découvrir, il faut aussi arrêter la source. Les écosystèmes aquatiques font en sorte que lorsqu’on arrête cet écoulement des eaux polluées, l’eau qui coule progressivement, évacue cette pollution et plus cette rivière se jette dans ses affluents, cette pollution se dilue et perd même sa toxicité. En dehors de cela, il faut aller plus loin. Il y a des poissons qui ont consommés ces substances et qui ont gardés dans leurs tissus des éléments toxiques. Ceux qui sont morts n’ont pas supportés la toxicité, et d’autres qui ont accumulés ces éléments mais qui ne sont pas morts. C’est un problème de santé publique pour les futurs consommateurs. Il faut prélever les échantillons des poissons, faire des tests physico-chimiques dans l’eau et dans ces espèces aquatiques et voir quels sont les éléments chimiques se trouvant et à quelle concentration, pour que nous le consommions, que cela n’ait pas de problème sur la santé. », a-t-il fait savoir dans une interview accordée à election-net.com.

En dehors des poissons, Bertin Mbuya prévient que les résidus de ces déchets toxiques pourrait avoir des répercussions pendant plusieurs années et cela requiert un travail de fond pour trouver une solution à long et court terme. « Les métaux ont une densité plus forte que l’eau. Il y a des métaux qui vont rester sous l’eau. Et les poissons se nourrissent de ces sédiments. Au fur et à mesure qu’il y a des concentrations et des sédiments qui sont dans la rivière, les poissons pourraient les consommer même après des semaines, des mois ou des années et la toxicité peut commencer toujours à revenir. » prévient-il.

Pour ce faire, Bertin Mbuya propose qu’il y ait des plonges pour retirer des éléments toxiques dans le lot des rivières. « Et si après prélèvement, on constate qu’il y a des concentrations, on peut organiser des plonges où on peut enlever ces polluants accumulés dans les sédiments qui sont en grande quantité pour qu’on les sortes du milieu de la rivière en vue d’assurer la santé publique et celle de l’écosystème aquatique qui a été touché.» signale l’analyste environnemental.

Il appelle cependant les autorités compétentes à être conséquent quant au dédommagement des sinistrés de cette pollution. « On ne saura pas en déduire exactement l’impacte de cette pollution. Parce qu’on a vu que quelques symptômes. Mais aussi pour le futur, après des années, que vont devenir la rivière Tshikapa et Kasaï ? Que vont devenir ces gens qui ont consommés ces eaux avant que les poissons ne meurent ? Je pense que le Ministère de l’Environnement devrait réfléchir sur tout ça pour que lorsqu’on parle de dédommagement, que ces entreprises soient conséquentes en fonction des répercussions actuelles et futures causées par ces drainages miniers. »

Au Gouvernement de « sensibiliser la population et bien les informer, mais aussi d’identifier les personnes atteintes de cette pollution afin d’être prises en charge comme il se doit. Et aussi être dédommagé par ces entreprises. », a-t-il conclu.

Theo Liko

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