Pollution des rivières Kasaï et Tshikapa : enfin, le pollueur angolais reconnaît les dégâts causés par ses usines

L'eau polluée de la rivière Kasaï. Ph de tiers.

La société minière angolaise dénommée Catoca, puisque c'est d'elle qu'il s'agit, a reconnu que ses usines sont à la base de la pollution des rivières Tshikapa et Kasaï en République Démocratique du Congo.

Dans un communiqué publié vendredi dernier, cette entreprise minière angolaise reconnaît officiellement qu’il y a eu des fuites de ses usines. Ces dernières ont ensuite pollué les rivières congolaises Tshikapa et Kasai avec des conséquences notamment sanitaires et environnementales dans la région depuis deux mois.

« La Direction Générale de la Sociedade Mineira de Catoca informe que la présence de métaux lourds dans les eaux des rivières affectées par les fuites de pâte du bassin de résidus a été exclue, suite à l'incident enregistré dans le système d'évacuation des eaux, notamment une rupture de la canalisation qui fait office de déversoir, provoquant une fuite vers la rivière Lova », reconnait la société angolaise dans un communiqué.

Cependant, Sociedade Mineira de Catoca qui minimise les conséquences néfastes des fuites de ses usines sur les populations touchées, indique que c'est depuis juillet que le déversement des déchets a été arrêté pendant que jusqu'au mois d'août, les conséquences se font sentir en RDC.

« Nous rappelons que le bassin de résidus ne contient que des mélanges de roches naturelles, telles que du sable et de l'argile, et la composition de la matière correspond approximativement aux coulées de boue en saison des pluies et ne contient pas de composants chimiques externes, ce qui nous permet d'affirmer que de tels une situation ne représente pas un risque vital pour les populations affectées », indique la direction générale de la société qui précise que « la rupture a été complètement interrompue et à ce moment le processus de restauration naturelle des écosystèmes fluviaux affectés est en cours ».

Et d'ajouter :

« Maintenant, notre objectif principal est de minimiser l'impact de cet accident, en aidant les communautés locales et en travaillant en coopération avec des experts de différentes institutions publiques et privées pour prévenir de futurs accidents. Actuellement, des travaux d'audit indépendants sont en cours pour les systèmes hydrauliques et autres installations de production, avec la participation d'experts internationaux, dans le but d'identifier et d'éliminer les risques d'événements similaires à l'avenir, une action recommandée par la commission multisectorielle qui supervise les travaux », dit Sociedade Mineira de Catoca.

Notez qu'à ce jour, le gouvernement congolais est dans la perspective s'appliquer le principe pollueur-payeur, vu les dégâts écologiques et humains qu'a causé la pollution de ces deux rivières : les cas de diarrhée recensés, la mort de plusieurs animaux aquatiques notamment les poissons et le manque d'eau à boire aux populations riveraines.

Liévin LUZOLO

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