Pire que lui, personne ne le pensait : Félix Antoine TSHISEKEDI le nouvel héros ?

Félix Tshisekedi, président de la République Démocratique du Congo. Ph. Tiers

La date du 24 janvier 2019 est celle qui a vu, par le peuple congolais, la passation pacifique du pouvoir entre deux présidents. L’ancien et le nouveau. Une image ayant fait le tour du monde et donné une lueur d’espoir à tout le peuple congolais. Même si cet acte pour la plupart des observateurs politiques nationaux et internationaux pensaient à une mascarade politique.

Débutant les affaires, le nouveau président issu d’un grand parti politique de l’opposition savait déjà que le morceau ne sera pas facile. Trouvant le pays dans une ruine inexplicable, il remonta l’espoir de tout congolais par ses différentes actions qu’il pourra réaliser pendant son quinquennat. Le social, la santé, l’éducation, les infrastructures, la sécurité sont considérées comme les piliers sur lesquels ses actions seront focalisées.

Le parcours d’obstacles

Devant matérialiser cette vision, l’assemblée nationale largement majoritaire au regroupement politique de l’ancien président ne lui était favorable. Cette situation a été considérée comme un premier obstacle du fils du sphinx. Mais puisque devant travailler ensemble au sein de la coalition, et animé de la bonne volonté de servir le peuple qui l’a voté, il accepta ce venin moins nocif au début.

Après plusieurs mois, le premier gouvernement issu de la passation pacifique a vu le jour et un premier ministre issu toujours de la famille politique de l’ancien président de la république a été nommé. Deuxième obstacle que le président conscient de son appartenance et son attachement au peuple a encore accepté malgré lui. Et Voulant se démarquer un tout petit peu, le nouveau président réussit à imposer sa volonté sur le choix des animateurs des ministères. Chose faite car sur les 100% des membres du gouvernement, 80% ont été des nouvelles figures car n’ayant pas travaillé dans les gouvernements précédents.

N’ayant que la présidence,  le Chef de l’Etat se trouvait dans une situation inconfortable et n’avait que seul appui la bonne volonté de ses partenaires et aussi un soutien populaire quelque peu confus. Mais hélas !

 La première année été émaillée des agitations et divergences d’idées des membres de la coalition. D’un côté, une partie doutant même de son pouvoir  car issu d’un accord politique, d’un autre, répliquant pour consolider le pouvoir de leur chef.

Brisant le silence, le Président Félix TSHISEKEDI, commençait déjà à sortir ses petites griffes. Comme un petit lionceau face à une proie. Loin de son pays, il tonna fort à ceux qui ne pourront pas travailler selon sa vision en utilisant le stylo rouge pour les rayer. Message banalisé par les membres de sa coalition, il continua tout de même sa marche paisible au trône du pouvoir.

Comme le dit un adage, c’est en forgeant que l’on devient forgeron, le petit nommé (selon une frange du monde politique) commençait d’un autre coté à comprendre ce qu’il fallait faire face à ces manquements graves et diversions au sein de sa coalition.

Profitant d’une mission à l’intérieur du pays, l’occasion se présenta pour le petit président de sortir une fois de plus ses griffes. Des nominations très fortes au sein de l’armée, des entreprises du portefeuille, de la justice.  Cette fois ci le coup était fort que les aigris ont aussi reculé pour changer des stratégies. Disant de violation de la constitution, ceux d’hier en donnent aujourd’hui l’exemple du respect de la constitution. Fort malheureusement, le chien aboyait et la caravane a continué chemin.

Se décida maintenant d’agir, le premier test fut celui de la prestation de serment des trois nouveaux juges à la cour constitutionnelle. Issu d’une école de formation politique très efficace, le président piégea son premier ministre en lui demanda d’organiser cette cérémonie. Cet évènement se voyait minime mais politiquement il a couté cher à la famille politique chère à l’ancien président joseph Kabila.  Et voulant faire plaisir à leur famille politique, les deux présidents du parlement et le premier ministre n’ont pas pris part à cette cérémonie. Faisant son entrée, le Président leva sa main en mettant en exergue ses deux doigts en signe de victoire. Et oui, ce geste valait son pesant d’or car désormais cette cour constitutionnelle a été arrachée des mains de l’ancien régime.

Vociférant de part et d’autre, qui entendrait ces cris de détresse ? Le camp fort commençait déjà petit à petit à sombrer. Et le fœtus commençait à prendre forme humaine. La stratégie du pouvoir se dessinait petit à petit.

Se considérant fort en ligne de bataille, le « petit » Président saisit de nouveau cette occasion pour faire état de la situation politique de l’heure. Par un discours de six minutes maximum, il annonça des consultations en vue de faire sortir le pays de la crise qui l’anime et a promis de revenir au peuple après ces consultations.

Se croyant toujours forts malgré ces coups, l’agitation a changé de camps, des retraites ont été organisées pour contrecarrer les décisions du nouveau petit champion. Mais hélas, l’engouement était au rendez-vous car la plupart de la couche sociale et politique ont répondu positivement aux invitations du petit champion. L’union sacrée est vivement souhaitée et attendue.

Cette adhésion a de plus fortifié le petit champion à aller plus loin dans sa démarche.   

Coup de tonnerre !!!!

Deux semaines après les consultations, le petit Président a encore frappé fort en mettant en pratique les résolutions des dites consultations, les grandes étaient la nomination d’un informateur et la fin de la coalition FCC-CACH. Voulant s’unir à son peuple, il redonna encore espoir à ce peuple qui était à bout de souffle. Celui qui était minimisé est devenu celui qui fait de plus en plus peur.

Qui  pensait que Félix pouvait rompre d’avec ses partenaires ? Est-il le nouvel héros que le pays a tant cherché ?

Menant toujours silencieusement sa bataille, sauvée par la justice, la présidente de l’assemblée nationale pensait que sa nuit venait de terminer.  Une pétition a été initiée par les députés afin de la destituer. Rassurée par leur majorité artificielle, tous les ténors du FCC était dans la salle pour constater réellement la déchéance ou non de la dame. Salive difficile à avaler, le perchoir de l’assemblée nationale a été vidé.   MABUNDA qui se croyait l’extra venait de perdre la présidence.

Ces scénarios aux allures de jeu de petits enfants ont couté cher à ceux qui pensaient que tout leur appartenait. Ce parcours semblable à un petit enfant ramassé de tout bord, ne voyant aucun horizon devant lui pouvant faire de lui un homme digne de ce nom a étonné la face du monde. Il est devenu de plus en plus incontournable et redouté par tous.  Face à une personne qui s’apparentait le plus docile, mou, la part du gâteau serait acquise. Décidément tourné vers son peuple, la ligne à suivre serait de travailler dans l’intérêt de ce dernier et quiconque ne pourra y déroger.

Cette tragédie au rythme légendaire fait de Félix Antoine TSHISEKEDI, un héros en miniature. Qui est derrière lui ? Aujourd’hui serait difficile à le prouver. De ces trois années qui restent de son quinquennat, le fils du sphinx compte faire plus. L’union sacrée doit être ce rendez-vous qui matérialisera sa vision. Le peuple congolais dans son ensemble, devient de plus en plus mature face à toute situation politique car conscient de sa destinée.

Tribune de Berger Kibala, Analyste politique et Juriste.