« Où sont passées les préoccupations des congolais ? » s'interroge Jean Claude Katende

Le président de l'association africaine pour la défense des droits de l'homme ASADHO interroge dans une tribune publiée ce samedi 25 janvier 2020 pour savoir après le débat sur la dissolution du parlement où sont les préoccupations des congolais

Ci dessous l'intégralité de sa tribune :

Les déclarations du Président de la République en rapport avec la dissolution de l’Assemblée Nationale ont réveillé tout le monde. Mêmes les acteurs politiques qui, par devoir de réserve, ne devraient pas s’exprimer, ont pris la parole pour critiquer le Président, alors que ses déclarations ne pouvaient donner lieu à aucun débat d’autant plus qu’elles étaient au conditionnel.

Au vu de tout ceci, je me réalise que le débat qui passionne les acteurs politiques congolais, c’est autour du pouvoir. Le pouvoir pour eux et pour leurs familles politiques et biologiques. Pour beaucoup, le pouvoir est un instrument dont ils ont besoin pour satisfaire leur désir d’accéder aux biens matériels et financiers. Alors qu’ils devraient conquérir le pouvoir pour répondre aux préoccupations du peuple, pour lui fournir les services de base dont il a besoin.


Nous devons nous lever pour mettre fin à cette vision du pouvoir politique. Une vision qui compromet l’avenir de plusieurs générations. Une vision qui a été entretenue depuis plusieurs années avec la complicité du peuple lui-même. Je pense qu’il est temps d’y mettre fin.

Ceci a pour conséquence que le débat sur la misère du peuple n’est pas à l’ordre du jour de l’agenda des politiciens congolais. On ne sent pas un engagement acharné des partis ou regroupements politiques sur les questions qui touchent l’amélioration des conditions de vie du peuple.


Les rivalités entre le ministère des finances et celui de la justice ont conduit, par refus de donner des fonds nécessaires au fonctionnement des prisons, à la mort de plus de 20 prisonniers à la prison de MAKALA, à Kinshasa. On n’a pas senti, un débat sérieux entre les politiciens congolais sur cette situation. Personne n’a demandé que les personnes qui sont à la base de ce décès soient poursuivies ou qu’une enquête soit organisée pour savoir ce qui s’est passé et établir les responsabilités. On n’a pas entendu Madame MABUNDA sur cette situation. Pourquoi l’Assemblée Nationale n’a pas interpelé les responsables de deux ministères et de la prison ?


Les congolais peuvent vivre sans électricité, sans eaux courantes, sans soins de santé, sans sécurité, cela n’est pas leur préoccupation.

Nous devons nous battre pour que l’amélioration des conditions de vie des congolais soit la priorité de tous les politiciens. Les politiciens qui auront d’autres priorités que l’amélioration des conditions de vie des congolais doivent être considérés comme des ennemis du peuple.
Je me réalise chaque jour que le FCC a été mis en place pour poursuivre la stratégie du régime du Président KABILA qui ne mettait pas l’homme congolais au centre de ses préoccupations.


Les déclarations de Monsieur Emmanuel SHADARY au sujet du dossier Gécamines où Monsieur YUMA est mis en cause révèlent l’état d’esprit des gens du FCC. Comment un homme politique qui dirige un de grands partis politiques du Congo peut déclarer que si quelque chose arrivait à Monsieur YUMA, il va déstabiliser le pays ? Si pour protéger un individu, il est prêt à mettre tout un pays un feu, il est clair que nous avons à faire des hommes sans loi ni foi. Donc de véritables ennemis du peuple congolais.


Nous devons imposer l’agenda du peuple aux acteurs politiques, particulièrement à la coalition FCC-CACH qui risque d’enfoncer le pays dans une grande misère.
Si le Président Félix veut rester toujours du côté du peuple congolais, il devrait cesser de croire que ses partenaires politiques sont de bonne foi.

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