Nord-Kivu : un journaliste assassiné en plein Etat de siège

Rond point Instigo en ville de Goma. ElectionNet. ©Prince B.

Journaliste en danger (Jed) est profondément choquée par l’assassinat, le dimanche 9 mai 2021 vers 23 heures, du journaliste Barthelemy Kubanabandu par deux hommes armés non autrement identifiés dans la localité de Kitshanga, territoire de Masisi, province du Nord Kivu.

Selon les différents témoignages recueillis par Jed, Barthelemy Kubanabandu Changamuka, journaliste animateur de l’émission « Sécurité alimentaire» diffusée sur les ondes de la Radio communautaire de Kitshanga (CORAKI FM),  a été attaqué dans l’enclos de son domicile par deux hommes armés en tenue civile. Ils lui ont tiré à bout portant, huit balles. Après avoir commis leur forfait, les assaillants ont seulement, dérobé le téléphone portable du journaliste avant de s’enfuir.

A 23 ans, Barthelemy Kubanabandu  Changamuka venait de présenter à 19 heures son émission consacrée à l’obésité alimentaire. A la fin de son temps d’antenne, il s’est accompagner à son domicile par l’un de ses amis. C’est en ce moment-là que deux personnes armées, ont surgi de la parcelle du journaliste. 

Le compagnon de Barthélémy Kubanabandu s’est sauvé en courant dans la maison, tandis que le journaliste a été neutralisé. Après avoir reçu huit balles, il a immédiatement succombé à ses blessures.

Contacté par Jed, son compagnon et témoin de cet assassinat a déclaré: «J’ai l’impression que Barthelemy Kubanabandu était filé par ces hommes armés. Il a été donc ciblé. Le matin, il n’avait pas envie d’aller à sa rédaction. Il doutait d’aller présenter son émission. Il s’y était quand même rendu. Il ne m’a jamais dit qu’il recevait des menaces ou qu’il avait un problème avec des gens ici à Kitshanga. Nous étions surpris de voir deux personnes armées débarquer chez lui dans l’obscurité. Ils n’ont rien dit quand ils étaient arrivés. Et, quand j’ai vu une arme, j’ai couru dans la maison en laissant mon ami dehors. Après l’avoir achevé avec 8 balles tirées dans les jambes, la poitrine, les mains et les cuisses, ces hommes armés ne lui ont rien demandé. Ils ont simplement pris son téléphone portable ».      

Pour Jed, il s’avère impératif qu’une enquête sérieuse soit immédiatement, ouverte pour élucider les circonstances de ce meurtre afin de punir leurs auteurs.

Jed estime que cette enquête urgente de nouvelles autorités politiques et sécuritaires de la province, serait un signal fort dans la lutte contre l’insécurité qui prévaut dans cette province où un Etat de siège vient d’être décrété par le président de la République.

Prince Bagheni, à Goma