Nord-Kivu/ État de siège : les députés provinciaux interpellent Félix Tshisekedi

Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo ,Ph. Tiers

Dans une correspondance adressée au chef de l'État Félix Antoine Tshisekedi, 17 députés provinciaux du Nord-Kivu ont partagé en terme d'évaluation à mi-parcours l'ensemble des constats réalisés, des craintes en rapport à cet état de siège décrété au Nord-Kivu il y a 85 jours.

Selon ces élus, depuis la proclamation de l'état de siège, les yeux ont vu moins que ce qu'ils croyaient voir par rapport aux attentes suscitées par la prise de cette décision.

Ceux-ci estiment que cet État de siège devrait être entendu comme des mesures véritablement exceptionnelles fixées dans le temps et dans l'espace, car selon eux, ça été proclamé sans avoir préalablement voté une loi sur les modalités de son application conformément à l'article 85 de la constitution de la République.

''Il l'a été pour une durée constitutionnelle de trente jours mais sans chronogramme possible devant servir de boussole quant au déploiement des animateurs, conduite des opérations militaires, actions à mener et résultats à atteindre'', peut-on lire dans cette correspondance.

Ils ont par ailleurs souligné que la proclamation de l'État de siège a été plus médiatique qu'opérationnelle. Pour eux, cette campagne de plus d'un mois a constitué une alerte suffisante et une occasion pour la cible de l'État de siège à mieux comprendre ce qu'il était, ses forces et faiblesses pour ainsi brouiller toutes les traces et chances pour l'État de siège de réussir.

En outre, il a été noté que cet état de siège est prorogé pas sur base de l'évolution des opérations sur terrain ou avancées constatées au cours d'une évaluation mais plutôt selon le bon vouloir de ceux qui décident.

''Le risque devient ainsi évident d'imposer à la population des conditions de vie exceptionnellement restrictives durant une période longue et indéterminées'', regrettent-ils.

Enfin, ces élus du Nord-Kivu soulignent que l'état de siège a été étendu dans les zones où la menace contre l'intégrité du territoire national n'est pas si grave ou de nature à afficher profondément le fonctionnement réguler des institutions et qui pouvait nécessiter ce genre des mesures exceptionnelles. Tout en indiquant que les efforts et moyens limités du gouvernement sont éparpillés sur des vastes étendues pour ne rien produire comme résultat.

Prince Bagheni, à Goma

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