Maniema : Voici l'état de lieux de la corruption dans le secteur public (O.S.C.E.P)

Héritier Mwenebatende Mwenebatu, Directeur provincial de l'O.S.C.E.P/photo ENET Isaac Kilikumbi

Cet état de lieux a été dressé au cours un point de presse conjointement animé à Kindu ce samedi 31 juillet par la Commissaire provinciale de lutte contre la corruption et le Directeur provincial de l'Observatoire de Surveillance de la Corruption et de l'Éthique Professionnelle (O.S.C.E.P). C'était en marge de la journée africaine de lutte contre la corruption commémorée le 11 juillet de chaque année.

Dans son exposé ayant porté sur "la contribution du Gouvernement provincial dans la lutte contre la corruption dans la province du Maniema", la Commissaire provincial en charge de la lutte contre la corruption, Marcelline Lubanda Mateso a relevé un faible taux de réalisation des actions prévues dans le programme quinquennal(2019-2023) du Gouvernement provincial dans le cadre de ce fléau.

Elle a, pour illustrer cela, évoqué le cas de son portefeuille qui doit s'occuper de la politique du Gouvernement provincial en matière de lutte contre la corruption, attendu depuis l'approbation du Gouvernement provincial en 2019 par l'Assemblée provinciale, mais n'a été institué qu'en avril 2021. Ce retard a selon toujours elle comme cause, l'instabilité politique dans la province.

Elle souligne cependant que ses services ont enregistré depuis avril 2021, plus de 10 cas de dénonciations téléphoniques des cas d'anti valeurs. Parmi ces dénonciations, y figurent les cas de détournement des deniers publics et de concussion. Elle déplore par contre le nombre insuffisant des dénonciations. Ceci a d'après elle pour causes, le manque d'informations par la population sur l'existence de son Commissariat et la peur des représailles. C'est ainsi qu'elle a invité la presse à s'impliquer dans la sensibilisation de la population sur les conséquences néfastes de la corruption.

Pour sa part, le Directeur Provincial de l'O.S.C.E.P, Maître Héritier Mwenebatende Mwenebatu qui a consacré son exposé sur "la commémoration de la journée africaine de lutte contre la corruption dans la province du Maniema", a fait le point sur la situation de la corruption en Afrique, en République Démocratique du Congo et au Maniema.

S'agissant de la situation provinciale, il a révélé à la presse les résultats des enquêtes menées par son organe durant la période allant de juin 2018 en novembre 2020. Ces enquêtes ont, à l'en croire, identifié six(6) pratiques les plus courantes de la corruption dans le secteur public au Maniema, à savoir : le trafic d'influence, le clientélisme, la concussion, le détournement des deniers publics, l'abstention coupable et le harcèlement moral.

"Au Maniema, il existe moins des données sur la corruption. Mais en ce qui nous concerne nous l'O.S.C.E.P, les enquêtes que nous avons menées de juin 2018 à novembre 2020, uniquement dans le secteur public, révèlent que les pratiques de corruption les plus courantes dans la province présentées dans l'ordre croissant sont les suivantes :

  1. Le trafic d'influence. Au Maniema, tout se fait sur fond du trafic d'influence ;
  2. Le clientélisme. On sacrifie la méritocratie au profit des accointances clientélistes, politiques et tribales ;
  3. La concussion. Chez nous, même des services qui sont gratuits de par la loi, on vous exige de payer quelque chose. Vous voulez voir une autorité, il faut glisser "maji ya kunywa" ( traduit en français par l'eau à boire, ndlr) ;
  4. Le détournement des deniers publics ;
  5. L'abstention coupable ;
  6. Le harcèlement moral", a déclaré à la presse Maître Héritier Mwenebatende Mwenebatu.

En sus, il souligne que ces différentes anti valeurs sont pratiquées par les agents publics de l'État.

Il indique en effet que la grande conséquence de ces pratiques est l'extrême pauvreté de la population. Il appelle enfin au renforcement de la lutte contre la corruption au Maniema pour que tous les présumés auteurs des détournements des deniers publics soient sanctionnés administrativement, soit alors les déférer devant les tribunaux compétents.

Il sied de rappeler que la province du Maniema est selon le rapport de l'APNAC-RDC rendu public au courant de ce mois de juillet 2021 la 7 ème province parmi les provinces avec le taux le plus élevé de corruption.

Kilikumbi Lusumbasumba Isaac depuis Kindu

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