Maniema : La radio et l'internet, ce que disent les Kindusiens

Studio d'une station radio de Kinshasa/photo d'illustration

La radio est toujours d'une importance capitale en dépit de la montée en puissance ces dernières années de l'internet, et plus particulièrement les réseaux sociaux.

C'est en tout cas ce qu'ont laissé entendre plusieurs habitants de la ville de Kindu chef-lieu de la province du Maniema qui se sont confiés ce samedi à election-net.com. C'était en marge de la journée mondiale de la Radio célébrée le 13 février de chaque année.

"Je pense que la radio a toujours sa place dans notre communauté. Il est vrai qu'aujourd'hui nous avons internet, les réseaux sociaux, qui fonctionnent grâce à l'internet, mais la radio n'a pas totalement perdu sa place", explique Juvenal Djende, avocat et enseignant de droit à l'Université de Kindu.

"Je dirai que la radio, elle est toujours importante parceque nous avons l'occasion de récolter des informations locales, à l'intérieur et tout ce qui se passe. Donc, la radio continue à être un outil très important pour la communication, pour les informations", a pour sa part indiqué Nathanaël Atibu Katamea, avocat et Président du Conseil Provincial de la Jeunesse au Maniema.

Benjamin Amuri militant et Coordonnateur du mouvement citoyen Filimbi au Maniema soutient également que la radio garde sa place traditionnelle en dépit de la poussé des réseaux sociaux.

"À mon avis je dirais que la radio garde toujours sa place. Malgré l'arrivée de l'internet et les réseaux sociaux, cela n'a pas permis à enlever la place de la radio dans la communauté", a-t-il dit.

Si tous reconnaissent que la radio est toujours suivie à travers la province, ils expliquent cela par le fait que l'accès à internet au Maniema demeure encore un luxe.

"La radio garde sa place parceque nous avons encore une grande partie de la population qui n'a pas encore accès à l'internet compte tenu de son coût. La majorité de nos populations suit toujours les radios. Mais également le réseau téléphonique n'est pas toujours disponible partout, surtout la province du Maniema. On peut avoir bien un téléphone, on peut bien appeler et recevoir des SMS, mais on ne sait pas facilement accéder à l'internet dès qu'on quitte par exemple le chef-lieu de la province du Maniema, qui est la ville de Kindu. Si on est à Kalima, à Kasongo, on a facilement accès pour appeler, pour répondre au téléphone, mais on ne navigue pas avec la même aisance qu'on avec à Kindu", renchéri Juvenal Djende.

""La radio a toujours sa place, parceque ce n'est pas tout le monde qui navigue sur internet. Nous sommes dans un milieu où la connexion coûte encore énormément, ce qui n'est pas le cas dans d'autres provinces par exemple, dans d'autres pays. Ce qui fait que nous puissions encore avoir besoin de la radio pour les informations par exemple, locales", ajoute Nathanaël Atibu Katamea.

Le militant et Coordonnateur du mouvement citoyen Filimbi au Maniema, Benjamin Amuri poursuit pour sa part :

"Tout le monde n'est pas connecté sur internet surtout que l'internet exige aussi que l'utilisateur ait un niveau un peu élevé ou moyen d'études, mais quant à la radio, que tu sois d'un niveau d'études élevé ou pas, tu dois écouter la radio et être informé à tant réel en langue locale tout comme en langue étrangère".

"Nous ne pouvons pas dire que la radio a été remplacée par l'internet. Nous avons des auditeurs qui suivent la radio de partout dans les campagnes comme à Misenge, à Mirundu, à Popokabaka, à Kibombo, mais ces gens n'ont pas accès à l'internet", a-t-il enchaîné.

"Je dirais en bref que la radio garde toujours la place d'informer, de former et de divertir ses auditeurs. Contrairement à l'internet, qui vient ajouter quelque chose sur le plan informatif, il y a aussi des choses qui se passent dans l'internet. Entre autres, la prolifération de la pornographie, la campagne de terrorisme, l'intolérance où les gens se profèrent des injures, des attaques, le tribalisme… Au fait, les réseaux sociaux n'ont pas assez de contrôle comme à la radio. Je peux dire la radio, aucun journaliste ne peut pas faire passer un message appelant les gens au tribalisme ou à la violence. Contrairement aux réseaux sociaux, tout est permis. Rare de fois où on peut signaler une publication", a chuté Benjamin Amuri.

Toutefois, la qualité de travail fourni par les radios de la ville de Kindu ne manque pas d'être indexé par ses auditeurs interrogés par election-net.com.

"(…) Mais ce qui est vrai, ce que, les radios, par moment commencent à décevoir les auditeurs, compte tenu de la qualité de prestation de nos journalistes qui ne respectent plus les règles d'éthique et de déontologie lié à leur profession. Ce qui fait qu'il y a carrément les radios qui ne sont plus suivies, et de fois la population sélectionne de moment où il faut se connecter à la radio, il ne faut plus se connecter également compte tenu du contenu des émissions qui sont diffusées. Mais toutefois, elle a grandement sa place, il y a lieu d'améliorer les prestations des professionnels des médias, pour que la population soit de plus en plus attirée par la radio", a conclu Juvenal Djende.

Il sied de signaler que la journée mondiale de la radio 2021 a été placée sous le thème : « Nouveau Monde, Nouvelle Radio ». Ce thème rappelle combien ce médium s’inscrit dans l’histoire de l’humanité, en suivant les différentes évolutions de notre société et en adaptant ses services.

À Kindu, chef-lieu de la province du Maniema, cette journée est passée inaperçue alors que la ville est arrosée par plus d'une dizaine des stations des radios, dont une seule officielle.

Kilikumbi Lusumbasumba Isaac depuis Kindu