Maniema/JILP: l’Ongdh Hbm déplore la passivité de professionnels des médias

Un journaliste revendiquant la liberté de la presse. Photo de tiers


L’organisation non gouvernementale et des droits de l’homme Haki Za Binadamu Maniema (Hbm), a interpellé les journalistes du Maniema sur le caractère délicat de leur métier. Pour se protéger contre les différents risques qu’ils encourent, cette structure leur demande de respecter la déontologie et l’éthique professionnelle.


Cette interpellation à l’endroit de professionnels de médias, a été faite par le président ad intérim de cette structure citoyenne, au cours d’un échange avec la presse de Kindu ce lundi 03 mai 2021.

Et cela, en marge de la journée internationale de la liberté de la presse. «Je préfère ici vous interpeller et vous demander d’être unis, en dépit de diversités de vos maisons. Vous devez avoir présent à l’esprit certaines normes d’éthique et de déontologie. Vous devez intérioriser, un certain nombre de principes directeurs qui doivent vous guider pour faire de la presse un véritable pouvoir à part entière», a déclaré Raphaël Upelele Lokenga.


Et de poursuivre: «Nous voulons vous interpeller pour dire que le métier qui est vôtre, est aussi nôtre, en tant que défenseurs des droits de l’homme, est tellement périlleux, dangereux et comporte beaucoup d’aléas. Vous n’êtes pas regardé d’un bon œil par le pouvoir, surtout lorsque vous dénoncez les choses qui attentent aux intérêts des autorités. Elles ont beaucoup de pouvoirs de nuisance, voilà pourquoi nous vous invitons à la circonspection, à la prudence, et au respect des règles et normes éthiques qui vont vous sauver.».


Par ailleurs, Raphaël Upelele a déploré la passivité et le laxisme de journalistes du Maniema face aux atteintes à la liberté de la presse. «J’ai constaté que les professionnels des médias que vous êtes, brillez parfois par la passivité, le laxisme. C’est à vous qu’on va demander le bilan. Vous êtes mieux placés pour monitorer, documenter des cas», a-t-il indiqué.


Il a par la même occasion, fait savoir que sa structure a, en collaboration avec les journalistes et d’autres activistes des droits de l’homme, initié l’élaboration d’une proposition d’édit portant protection de journalistes et de défenseurs des droits de l’homme. «Dans cette collaboration avec les organisations de défense des droits de l’homme, nous avons à certains moments depuis le mois de mars, réfléchi avec d’autres défenseurs des droits de l’homme, parmi lesquels les journalistes, les activistes pro-démocratie, dans les formations d’élaboration d’un avant proposition d’édit portant protection de défenseurs des droits de l’homme parmi lesquels se trouvent les journalistes», a précisé Raphaël Upelele


Il a motivé cette démarche par l’absence d’un texte protégeant ces deux catégories de profession: «Nous avons constaté que les journalistes tout comme les militants des droits de l’homme ne sont pas protégés d’une manière spécifique à part les dispositions générales qui concernent tout le monde. Mais les journalistes ou les défenseurs des droits de l’homme au niveau national et au niveau provincial, ne sont pas protégés, et pourtant, il y a des instruments juridiques au niveau international, au niveau régional, c’est-à-dire africain, dont notre pays a ratifié, qui imposent à chaque État partie, parmi lesquels notre pays, de légiférer au profit de cette catégorie des personnes.»


KILIKUMBI LUSUMBASUMBA ISAAC, depuis Kindu