Maniema/exploitation minière : le gouvernement provincial accusé de "la minoration des statistiques…"(rapport)

Illustration- Exploitation minière d'argent

Dans son rapport sur la situation de l'exploitation minière dans la province du Maniema en République Démocratique du Congo (RDC) du 30 octobre dernier, transmis à election-net.com ce lundi 08 novembre 2021, l'organisation non gouvernementale Agir pour la Reconstruction de Notre Espace et la Convivialité(AGIREC), note qu'il s'observe dans la province du Maniema, des avancées significatives dans la gestion minière. C'est entre autres : "l'effectivité de la traçabilité par la présence et le suivi de l'ONG internationale ITSCI, la présence des tags, plusieurs sites miniers validés, présence des entités de traitement des minerais, organisations des réunions du comité local de suivi de la traçabilité des minerais…", peut-on lire dans ce rapport.

Par contre, cette structure souligne que les défis à relever restent multiples. C'est notamment :

"1. la présence de plusieurs enfants dans les sites miniers suite à la non reprise par les enfants du chemin de l'école, du niveau de la pauvreté des parents, manque de sensibilisations…

  1. la pollution de l'environnement dans tous les sites miniers. Car, pas des latrines, on jette les matières fécales partout dans les sites ou dans l'eau soit qu'on boit, qu'on se lave et qu'on prépare avec la nourriture, pas de reboisement à la déforestation ;
  2. la mauvaise déclaration sur la minoration des statistiques de production des redevances minières par le Gouvernement provincial du Maniema(15.000$), du secteur des Beia en territoire de Pangi 258.000$), secteur d'Ambwe en territoire de Kailo(3.148$) dans le rapport assoupli 2018, 2019 et premier semestre 2020 de l'Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE RDC), dont le Maniema était classée la 7ème sur 26 provinces après le Lualaba, le Haut-Katanga, le Haut-Uele, le Kasaï-Oriental, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu au moment où elle occupe la 2ème place après le Lualaba et que notre production ne soit pas reconnue au niveau national, mondial pour que les partenaires ne viennent pas investir dans le Maniema et la population ne jouisse pas l'intérêt du sol de leurs ancêtres…", ajoute le rapport.

Cette ONG relève aussi :
" la jungle dans l'exploitation de l'or, les vraies statistiques ne sont pas connues, la fraude et l'arrangement à l'amiable sont monnaie courante même à l'exportation et à l'évacuation ; les femmes ne sont pas interdites dans l'exploitation artisanale des minerais, mais elles sont soumises à des corvées par les propriétaires des puits, les gérants et autres qui laissent l'accessibilité sur les violences sexuelles et abus des droits des femmes…".

Ce rapport dénonce en même temps le non respect de la réglementation par les détenteurs des usines flottantes communément appelées dragues.

"[…] jungle dans l'exploitation des dragues et suceurs, car il y a insolvabilité des taxes de l'état, toutes ne sont pas identifiées, plus de 153 dragues dans les territoires de Pangi et Kailo et plus de 82 à Punia et Lubutu. Ils ne respectent les conseils des services de l'État, pour conséquence, présence de plusieurs morts d'hommes dans l'eau. Certains sont sécurisés par le service interdit par le code et le règlement minier de la RDC sous l'œil impuissant des autorités en la matière…".

Et de poursuivre :

"Plusieurs sociétés étrangères en partenariat avec d'autres sociétés seraient entrain d'exploiter sans titres valables, sans aucun intérêt à la population autochtone, leurs minerais nous ne savons pas où sont-ils vendus et quelles statistiques qu'elles produisent ; aucun service de l'État n'a le droit de fouler sur terrain", déplore l'ONG dans ce document.

Celle-ci recommande notamment que : " les encadreurs du SAEMAP sensibilisent et chassent tous les enfants dans les sites miniers du Maniema ; l'Inspection Générale des Finances, les députés nationaux et provinciaux du Maniema fassent des contrôles sévères et réguliers en collaboration avec nous [l'ONG AGIREC, Ndlr] sur les redevances minières du Gouvernement provincial du Maniema, du secteur des Beia, du secteur d'Ambwe et autres entités territoriales décentralisées qui ne font pas déclarer leurs rapports statistiques valables sur les redevances minières…".

Kilikumbi Lusumbasumba Isaac depuis Kindu

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